Repousser son départ au 1er janvier n’est pas toujours rentable. Selon Kaoutare Briteau, le gain peut tomber à 1 ou 2 euros par mois.
En bref
- Janvier n’est pas toujours la bonne date
- Six mois de pension peuvent être perdus
- Le gain final peut être minime
Perdre six mois de pension pour gagner parfois 1 ou 2 euros par mois, le calcul mérite franchement d’être refait. C’est l’alerte de Kaoutare Briteau, spécialiste des droits à la retraite, qui démonte un réflexe tenace chez les salariés, attendre le 1er janvier pour liquider ses droits.
Le vrai calcul commence par ce que vous laissez sur la table
Si un départ initialement prévu le 1er juillet est repoussé au 1er janvier suivant, le futur retraité renonce à six mensualités complètes. Or, d’après Kaoutare Briteau, la hausse obtenue sur la pension de base versée par la Cnav peut être microscopique. Elle le résume ainsi : « Décaler votre retraite de 6 mois peut valoir le coup ? Auprès de l’assurance retraite, parfois, cela peut vous faire gagner 1 ou 2 euros en plus par mois ».
Il peut bien y avoir quelques points en plus du côté de l’Agirc-Arrco. Mais là aussi, l’écart est souvent trop faible pour compenser rapidement les sommes abandonnées. En gros, on parle parfois d’un retour sur plusieurs décennies.
Les 25 meilleures années, oui, mais avec une limite bien réelle
L’idée de patienter jusqu’à l’hiver repose sur une logique simple, faire entrer une année complète de salaire dans le calcul du salaire annuel moyen des 25 meilleures années du régime général. Sur le papier, ça semble malin.
Mais une année civile incomplète ne compte pas dans ce calcul de l’Assurance retraite. Un salarié qui partirait le 1er juillet verrait donc ses revenus de janvier à juin écartés de cette comparaison. C’est ce point qui pousse beaucoup de gens à viser janvier, parfois avec l’espoir d’intégrer aussi une indemnité de fin de carrière.
Sauf qu’il y a le plafond mensuel de la Sécurité sociale. Et là, le gain peut disparaître. Kaoutare Briteau, qui dirige Horizon Retraite et anime la page Comprendre et Préparer sa retraite, rappelle que si le salaire est déjà au plafond, les montants supplémentaires ne changent strictement rien dans le calcul retenu par l’Assurance retraite.
Des dates de départ très encadrées
On ne choisit pas une date de retraite comme on pose un jour de congé. La cessation d’activité doit intervenir le premier jour d’un mois civil. Impossible, donc, de partir au milieu d’un mois. Pour les professionnels libéraux, la contrainte est encore plus stricte, avec un départ calé sur le premier jour d’un trimestre.
Autre point très concret, le calendrier de paiement. La retraite complémentaire arrive dès le premier jour du mois de liquidation. En revanche, la Cnav et la MSA paient à terme échu, avec un premier versement effectué le 9 du mois suivant.
Résultat ? Avant de décaler sa date pour grappiller quelques euros, mieux vaut mesurer l’impact sur sa trésorerie immédiate. C’est ça, le vrai sujet.