SoftBank mise sur la France pour déployer d’importants investissements dans les data centers

Image d'illustration. Vue intérieure de racks serveurs multicolores, datacenter.ADN
Le groupe japonais SoftBank a décidé de concentrer d’importants investissements en France, en se tournant vers la création et le développement de centres de données, renforçant ainsi la position du pays dans le secteur stratégique des infrastructures numériques.
Tl;dr
- SoftBank investit 75 milliards d’euros dans l’IA en France.
- Schneider Electric partenaire clé du projet de data centers.
- L’électricité décarbonée française attire les investisseurs internationaux.
SoftBank : un investissement record pour l’intelligence artificielle
Un souffle inédit s’annonce sur le territoire français, alors que le groupe japonais SoftBank a confirmé un investissement d’une ampleur rarement vue : 75 milliards d’euros dédiés aux infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Cette somme colossale, annoncée à la veille du sommet Choose France, place la France au cœur des enjeux européens et mondiaux autour de la data economy. La première phase du projet prévoit déjà près de 45 milliards injectés d’ici à 2031 dans la région des Hauts-de-France, principalement pour la construction de gigantesques centres de données.
L’atout énergétique français en première ligne
Ce choix stratégique, selon Masayoshi Son, président de SoftBank, n’est pas anodin. Il confie avoir été convaincu par sa rencontre avec Emmanuel Macron, lors du récent déplacement officiel du chef de l’État à Tokyo. « J’ai été très sensible à son engagement personnel pour la réussite économique française, surtout alors que nos investissements se concentraient jusqu’ici aux États-Unis, au Japon et en Asie », explique-t-il. Le dirigeant insiste également sur un argument décisif : la disponibilité d’une électricité abondante et décarbonée à 95 %, dont la France bénéficie grâce à son mix énergétique. Un point crucial, puisque les data centers figurent parmi les infrastructures industrielles les plus gourmandes en énergie.
Dunkerque, Valenciennes et Amiens dans le viseur
Le chantier ne manque pas d’envergure ni d’ambition. Les futures installations prendront racine dans le Nord : sur le port de Dunkerque, à Loon-Plage, mais aussi à Bouchain – où une ancienne centrale thermique sera réhabilitée –, ainsi qu’à Bosquel près d’Amiens. Pour mener à bien cette transformation industrielle, le partenariat noué avec le géant hexagonal Schneider Electric s’avère stratégique. Olivier Blum, directeur général du groupe, précise que Schneider « va aider au design et à la fourniture de tous les équipements nécessaires ». De plus, une usine dédiée à la fabrication de modules préfabriqués sera installée directement sur le site portuaire.
Voici ce que prévoit la montée en puissance :
- Première phase : accroissement à 3 gigawatts installés dès 2025.
- Deuxième phase : extension potentielle jusqu’à 5 gigawatts par la suite.
Aspirations et concurrence internationale lors du sommet Choose France
Le timing n’a rien d’un hasard. Ce lundi, le neuvième sommet Choose France, organisé au château de Versailles, donnera l’occasion au président Macron de promouvoir une nouvelle fois l’attractivité tricolore auprès des investisseurs étrangers. Avec ce projet-phare porté par SoftBank et ses partenaires industriels locaux, la France espère renouveler – voire surpasser – le précédent record établi lors de l’édition de mai 2025 (20 milliards d’euros annoncés). Au-delà des chiffres, c’est toute une stratégie nationale autour des technologies émergentes qui se dessine sous nos yeux.
