Avec un bénéfice trimestriel d’environ 8 milliards d’euros, TotalEnergies relance le débat sur les superprofits. Et l’exécutif attend un geste visible à la pompe.
En bref
- Le gouvernement exige une baisse visible du gazole
- TotalEnergies affiche un profit trimestriel record
- Raffinage et GNL portent l’essentiel de la hausse
Le sujet, pour vous, c’est d’abord le prix à la pompe. Et c’est précisément là que le gouvernement veut mettre TotalEnergies sous pression après des résultats records.
La pompe, vrai sujet politique du moment
Maud Bregeon, ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, a salué l’utilité d’un grand groupe pétrolier français dans une période tendue, notamment pour limiter les risques d’approvisionnement. Mais elle a aussi demandé à TotalEnergies d’être exemplaire sur les prix.
Concrètement, l’exécutif veut que l’avantage lié au déstockage du diesel acheté moins cher soit répercuté à la baisse. Un arrêté publié jeudi impose aussi aux distributeurs d’indiquer clairement, par un affichage visible, le montant de cette baisse sur le gazole. Ce carburant reste le plus utilisé par les Français et se paie en moyenne plus de 2,38 euros le litre.
La ministre a aussi remercié TotalEnergies pour son plafonnement à 2,25 euros le litre dans ses stations, en demandant qu’il soit prolongé autant que nécessaire. Elle a même promis une baisse visible à la pompe dès la semaine prochaine.
Un trimestre hors norme pour TotalEnergies
Côté comptes, les chiffres frappent. TotalEnergies annonce un bénéfice net d’environ 8 milliards d’euros (8,3 milliards de dollars) au troisième trimestre.
C’est plus du double d’il y a un an, puisque le groupe avait gagné environ 3 milliards d’euros (3,7 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025. Et c’est aussi au-dessus des déjà très bons résultats des deux premiers trimestres 2026, dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Bref, le débat sur les superprofits repart de plus belle.
Raffinage et GNL tirent la machine
Le gros moteur de ce trimestre, c’est le raffinage-chimie. Cette activité a rapporté environ 3 milliards d’euros (3,5 milliards de dollars), contre environ 632 millions d’euros (687 millions de dollars) un an plus tôt. L’écart est massif.
L’autre soutien, c’est le GNL. Le gaz européen a dépassé mercredi les 100 euros le mégawattheure, une première depuis quatre ans, avec des cargaisons du Moyen-Orient plus compliquées à acheminer et des stocks européens plus bas qu’à la même période l’an dernier. TotalEnergies dit avoir doublé sur un an le résultat opérationnel net ajusté de cette branche, porté par la hausse des prix de vente et par de très bonnes performances dans le négoce.
Le secteur entier grimpe, malgré une production un peu moins bonne
TotalEnergies n’est pas seul. Shell a publié un bénéfice net en hausse de 126,6 % sur un an, à environ 11 milliards d’euros (12,1 milliards de dollars). Chez Repsol, le bénéfice net a été multiplié par quatre sur les neuf premiers mois de l’année, avec plus de la moitié réalisée au troisième trimestre.
Il y a quand même un bémol chez TotalEnergies. La production de pétrole et de gaz recule légèrement, de 1 % sur un an. Le groupe affirme toutefois qu’elle progresserait de plus de 4 % sans l’impact du conflit au Moyen-Orient. Pour le lecteur, l’enjeu est simple, ces profits nourrissent la pression politique pour obtenir un effet rapide sur votre ticket à la station-service.