TotalEnergies profite encore de la crise et voit ses gains exploser

Petrole
Image d'illustration. Petrole — ADN

Le groupe a doublé son bénéfice net trimestriel, porté par la flambée des hydrocarbures. Le débat sur ses profits et son rôle en France repart aussitôt.

En bref

  • Bénéfice trimestriel doublé pour TotalEnergies
  • Les prix de l’énergie ont porté les comptes
  • Le débat sur les super-profits repart

Un semestre qui dépasse déjà les années de crise

TotalEnergies a engrangé environ 10,4 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre 2026, soit une hausse de 73 % sur un an. Le chiffre frappe parce qu’il dépasse déjà les environ 9,9 milliards d’euros enregistrés en 2022, l’année du déclenchement de la guerre en Ukraine.

Ce n’est donc pas seulement un bon trimestre. C’est une dynamique lourde, alimentée par un marché de l’énergie redevenu très tendu.

Au deuxième trimestre, le marché a tiré plus haut que prévu

Sur la période d’avril à juin, le groupe français a publié un bénéfice net de près de 5,0 milliards d’euros (5,4 milliards de dollars), contre environ 2,5 milliards d’euros (2,7 milliards de dollars) un an plus tôt. En un an, le résultat a donc été multiplié par deux.

Les attentes du marché étaient déjà élevées. D’après les consensus compilés par Factset et Bloomberg, les analystes visaient en moyenne autour de 5,26 milliards d’euros pour les uns, et environ 5,7 milliards d’euros (6,11 milliards de dollars) pour les autres. Le résultat publié est décrit comme légèrement supérieur aux estimations.

Patrick Pouyanné, le PDG, a attribué cette performance à un environnement de prix élevés lié au conflit au Moyen-Orient, tout en mettant en avant le modèle intégré du groupe et sa diversification. Son indicateur le plus suivi par les analystes, le résultat net ajusté, atteint environ 5,6 milliards d’euros (6 milliards de dollars).

Pourquoi le groupe résiste malgré les pertes au Moyen-Orient

Le point intéressant, c’est que la région en crise n’a pas seulement fait monter les prix. Elle a aussi coûté de la production. TotalEnergies chiffre ses pertes au Moyen-Orient à 210 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne sur le trimestre.

Mais le groupe a compensé une partie du choc grâce à une croissance organique de plus de 4 % de sa production de pétrole et de gaz sur un an. Les montées en puissance de projets lancés au Brésil, en Libye et aux États-Unis ont joué ce rôle d’amortisseur. Clairement, c’est ce qui évite de lire ces résultats uniquement comme un effet d’aubaine sur les prix.

Le retour immédiat du débat sur les super-profits

Et le sujet politique revient aussitôt. Dès avril, après un premier trimestre déjà en hausse de 51 %, les appels à taxer les super-profits pétroliers avaient ressurgi, avec en toile de fond les critiques récurrentes sur le faible impôt sur les sociétés payé en France au regard des bénéfices mondiaux du groupe.

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, a refusé de participer à ce qu’elle appelle le « Total bashing ». Elle défend l’utilité d’un grand énergéticien capable d’assurer l’approvisionnement et de peser sur les prix via le plafonnement des carburants dans les stations du groupe, relancé la veille avec la reprise des hostilités.

En face, une coalition réunissant notamment Greenpeace France, Oxfam France et le Réseau Action Climat juge ces profits particulièrement indécents dans un contexte de canicules et de changement climatique. Pour vous, l’enjeu est là. Ces résultats disent à la fois ce que rapporte la crise énergétique, et pourquoi elle reste un sujet explosif bien au-delà de la Bourse.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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