Le FMI améliore sa copie pour la zone euro en 2026, tirée par l’Allemagne et l’Espagne. La France, elle, recule encore sur fond de budget tendu.
En bref
- Le FMI relève la zone euro pour 2026
- La France est la seule grande économie abaissée
- L’inflation resterait au-dessus de la cible de la BCE
L’écart se voit tout de suite. D’un côté, le FMI remonte ses prévisions pour la zone euro en 2026. De l’autre, la France recule encore, seule parmi les grandes économies de l’union monétaire à voir sa copie dégradée.
Une zone euro un peu moins freinée que prévu
Dans son rapport sur l’économie mondiale publié à Bangkok, le FMI table désormais sur une croissance de 1,1 % en 2026 dans la zone euro, soit 0,2 point de plus que dans sa prévision de juillet. Pour 2027, l’institution laisse sa prévision inchangée à 1,2 %, un niveau qui ramènerait la zone sur son rythme de 2025.
Le décor, lui, ne s’est pas vraiment adouci. Les prix de l’énergie restent élevés dans le sillage de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, et la confiance des consommateurs reste affaiblie. Pas de quoi parler d’emballement, donc. Mais d’une résistance un peu meilleure que prévu, oui.
L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie tirent la moyenne vers le haut
La révision tient surtout à trois pays. L’Allemagne, d’abord, avec une nette accélération : 1,3 % attendus en 2026, soit 0,6 point de plus, puis 1,1 % en 2027, relevé de 0,1 point.
L’Espagne reste la locomotive la plus vive, avec 2,5 % de croissance en 2026, soit 0,4 point de plus, avant un ralentissement à 1,8 % en 2027, cette fois sans changement. L’Italie, elle, profite aussi d’une embellie, à 0,8 % en 2026 (+0,3 point) puis 0,6 % en 2027 (+0,1 point).
La France décroche au moment le plus sensible
Pour la France, c’est l’inverse. Le FMI n’attend plus que 0,4 % de croissance en 2026 et 0,7 % en 2027, avec une baisse de 0,2 point sur chacune des deux années.
Ce décrochage tombe mal. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a entamé la bataille du budget 2027, et le pays traverse en même temps des difficultés budgétaires à quelques mois d’une élection présidentielle majeure. Bref, la comparaison avec ses voisins devient plus dure à soutenir.
Le vrai risque reste l’inflation importée par les conflits
Le scénario du FMI n’a rien d’une garantie. L’institution estime qu’un enlisement, ou une nouvelle escalade, au Moyen-Orient ou en Ukraine pourrait prolonger la hausse et la volatilité des matières premières, avec un effet direct sur les prix.
Résultat, l’inflation resterait élevée dans la zone euro : 3,1 % en 2026 puis 2,8 % en 2027. C’est encore au-dessus de la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne. Pour vous, ça veut dire une chose très concrète : même avec un peu plus de croissance, le pouvoir d’achat ne respirera pas franchement si l’énergie et les matières premières restent sous tension.