En 2026, l’Hexagone prévoit d’emprunter 310 milliards d’euros

Image d'illustration. France et croissance économique.ADN
En 2026, le gouvernement français prévoit de lever 310 milliards d’euros sur les marchés financiers afin de financer ses besoins, confirmant ainsi l’ampleur des recours à l’emprunt pour soutenir la gestion budgétaire du pays.
Tl;dr
- La France prévoit d’emprunter 310 milliards en 2026.
- Dette record, mais stable à environ 10 % du PIB.
- Hausse des taux liée à l’instabilité et au contexte européen.
Un montant d’emprunt sans précédent pour 2026
L’Agence France Trésor vient de confirmer ce mardi que la France sollicitera une nouvelle fois les marchés pour un montant exceptionnel de 310 milliards d’euros en 2026. Ce chiffre, déjà révélé en octobre dernier, inclut l’ensemble des nouvelles émissions d’obligations à « moyen et long terme », déduction faite des éventuels rachats anticipés par l’État. Même en l’absence de loi de finances adoptée pour cette échéance, le recours aux marchés se profile donc dès janvier, rendu possible grâce à la loi spéciale signée par le président Emmanuel Macron samedi. L’AFT précise néanmoins que le volume exact pourrait encore être ajusté « en fonction de la loi de finances » si nécessaire.
L’évolution du poids de la dette sur l’économie
En valeur absolue, ces 310 milliards constituent un nouveau sommet historique pour la dette souveraine française. Pourtant, rapportée au produit intérieur brut national, cette somme ne représente qu’environ 10 % du PIB. Un ratio qui reste relativement stable par rapport à l’année précédente. Pour mémoire, selon les chiffres publiés par l’AFT, le volume net emprunté cette année s’est élevé à 300 milliards d’euros, alors qu’il était de 285 milliards en 2024.
Tensions sur les taux et contexte européen
Ce niveau record d’emprunt intervient alors que la dette publique totale, toutes administrations confondues, a franchi un nouveau cap au troisième trimestre : près de 3.500 milliards d’euros. Dans ce climat, les conditions sur les marchés financiers se sont durcies. L’AFT relève que le taux moyen des emprunts français à moyen et long terme a atteint 3,14 % en 2025 – contre seulement 2,91 % un an plus tôt. À dix ans, référence clé du marché obligataire, le taux est passé de 2,94 % à 3,37 %.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. La montée générale des taux d’intérêt en Europe pèse lourdement sur Paris ; mais il faut aussi souligner la décision récente de l’Allemagne, traditionnellement attachée à la discipline budgétaire, qui choisit désormais elle-même d’accroître sa propre dette pour financer un vaste plan d’investissement. Enfin – et c’est loin d’être anecdotique – l’incertitude politique persistante en France a engendré une prime de risque supplémentaire lors des dernières émissions obligataires.
Perspectives et incertitudes budgétaires
À l’heure où le calendrier législatif reste suspendu aux débats parlementaires sur le futur budget, ce programme massif d’emprunt sera-t-il soutenable dans la durée ? Les regards se tournent désormais vers les ajustements potentiels induits par la prochaine loi de finances et vers l’accueil que réserveront les marchés internationaux face aux défis politiques hexagonaux.
