CO2 : baisse des émissions en 2024, mais nettement inférieure aux attentes

Image d'illustration. Emissions dioxyde de carboneADN
L’an dernier, les rejets mondiaux de dioxyde de carbone ont connu un recul, toutefois cette diminution demeure nettement inférieure aux attentes, soulevant des inquiétudes quant à l’efficacité des efforts engagés contre le réchauffement climatique.
Tl;dr
- Ralentissement net de la baisse des émissions en 2024.
- Transports et bâtiments restent à la traîne.
- Révision ambitieuse de la SNBC attendue d’ici 2030.
Un recul marqué dans la lutte contre les émissions
Au cours de l’année 2024, le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre en France a clairement ralenti. Selon les chiffres consolidés du Citepa, organisme chargé du suivi national, ces émissions sont passées de 376 à 369 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2e) entre 2023 et 2024. Si cette diminution de 1,8 % semble encourageante au premier regard, elle traduit surtout un essoufflement par rapport à l’année précédente, où la réduction atteignait encore 5,8 %.
Des secteurs en perte de vitesse
La dynamique n’est pas uniforme selon les secteurs. Le dernier bilan du Citepa détaille :
- -3,8 Mt pour l’industrie de l’énergie
- -0,9 Mt pour l’industrie manufacturière
- -1,5 Mt pour les transports
- -0,4 Mt pour les bâtiments
- -0,4 Mt pour l’agriculture
On observe donc que certains pans essentiels comme les transports ou le bâtiment peinent encore à s’engager sur une trajectoire compatible avec les ambitions climatiques nationales.
Tensions et critiques sur la politique climatique actuelle
Les débats s’intensifient autour des choix politiques opérés récemment. Pour Anne Bringault, directrice des programmes au sein du Réseau Action Climat (RAC), la situation est préoccupante : « Les reculs politiques en matière de transition écologique ont abouti à un important coup de frein dans la baisse des émissions… Ils laissent les Français dans une dépendance coûteuse aux énergies fossiles ». Les attentes envers le gouvernement et le parlement sont fortes – notamment en faveur d’un engagement renouvelé pour deux secteurs jugés prioritaires : les transports et la rénovation énergétique des bâtiments.
Dans ce contexte tendu, certaines décisions gouvernementales sont pointées du doigt. La suspension estivale du dispositif MaPrimeRénov’, principale aide publique à la rénovation énergétique, alimente l’incertitude. Même le président Emmanuel Macron, visiblement agacé, s’est exprimé sur ces « incertitudes » autour des dispositifs d’aide.
L’avenir climatique au cœur des priorités stratégiques françaises
La France se trouve aujourd’hui à un carrefour crucial : sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), actuellement en pleine révision, affiche une ambition claire : atteindre 270 Mt CO2e d’émissions brutes d’ici à 2030. Pour tenir ce cap exigeant, il faudrait accélérer nettement le rythme annuel de réduction – environ -5 % par an jusqu’à la fin de la décennie, selon le Citepa. Un pari loin d’être gagné tant que certains secteurs structurants n’auront pas enclenché leur mutation à grande échelle.
