La politique climatique d’Emmanuel Macron : cinq actions qui contredisent son image de défenseur de l’environnement

Image d'illustration. Macron et le gouvernement. conseil ministresADN
Alors qu’Emmanuel Macron affiche régulièrement ses ambitions écologiques, plusieurs décisions récentes de son gouvernement interrogent la cohérence de sa politique climatique. Retour sur cinq mesures emblématiques qui semblent contredire ses engagements environnementaux.
Tl;dr
- Baisse des émissions carbone insuffisante et en ralentissement.
- Reculs majeurs sur l’agroécologie et la qualité de l’air.
- Mesures climatiques du gouvernement jugées largement inadaptées.
Des promesses vertes aux réalités : la politique climatique à l’épreuve
Derrière les grandes annonces de l’Élysée, la réalité de l’action climatique en France suscite doutes et critiques. Le dernier rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC), instance indépendante fondée par Emmanuel Macron en 2018, alerte sur « l’aggravation des impacts et de l’affaiblissement du pilotage ». Si le chef de l’État se veut champion de la cause écologique – sa communication évoque même le « combat du siècle » –, la dynamique observée ces derniers mois questionne.
Baisse des émissions : une dynamique cassée
Il faut le reconnaître, la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre avait marqué des points sous les deux quinquennats Macron. Pourtant, selon le HCC, cette dynamique s’est interrompue en 2024. Après un recul encourageant en 2023, le rythme faiblit. Pour Thomas Wagner, vulgarisateur scientifique, « ça ne suffit toujours pas ». Trois budgets carbone avaient fixé un cap ambitieux vers la neutralité en 2050, mais un retard s’installe et inquiète. Sur certains engagements, observe le politologue François Gemenne, « on revient en arrière alors que la continuité semblait assurée ».
Agriculture, transports : des reculs préoccupants
Le secteur agricole est emblématique de ce virage : loi LOSARGA peu orientée vers les modèles bas-carbone, ré-autorisation controversée du néonicotinoïde acétamipride via la loi Duplomb – malgré les alertes de plus d’un millier de scientifiques – et baisse drastique du budget alloué à l’alimentation bio (-15 millions d’euros pour l’Agence Bio). Même dans les cantines scolaires, la part du bio recule, loin des objectifs fixés.
Du côté des transports, autre pilier de la décarbonation (34 % des émissions nationales), le HCC pointe retards et coupes budgétaires. Parmi les mesures phares largement médiatisées par le gouvernement :
- L’interdiction très partielle des vols intérieurs concerne seulement trois lignes.
- Aucune nouvelle ligne majeure de train de nuit n’a vu le jour hors Paris.
- Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), dispositif crucial contre la pollution urbaine, risquent d’être supprimées après un vote récent à l’Assemblée nationale.
En filigrane ressort une politique jugée « punitive », qui peine à répondre aux inégalités sociales.
L’écologie française : entre effets d’annonce et attentes déçues
À force de multiplier les plans et les dispositifs sans coordination claire ni financement à la hauteur des enjeux, l’État donne le sentiment d’une écologie désincarnée. Les spécialistes dénoncent un gouffre entre ambitions affichées et réalité concrète. Comme résume François Gemenne : « il y a un écart abyssal entre ce qu’on écrit et ce qu’on fait réellement ». Derrière les mots forts, c’est bien le passage à l’acte qui fait défaut au moment où s’intensifient les impacts du dérèglement climatique.
