EDF pourrait confier la réalisation des EPR à une alliance d’entreprises françaises

Image d'une centrale nucléaire avec des tours de refroidissement et un ciel bleu, symbolisant l'innovation technologique.
Image d'illustration. Centrale nucléaire moderne sous ciel bleu — ADN

EDF étudie la possibilité de s’appuyer sur un groupement d’entreprises françaises pour mener à bien la construction des réacteurs nucléaires EPR, une étape stratégique dans le développement du parc nucléaire national.

Tl;dr

  • EDF pourrait confier l’EPR2 à un consortium inédit.
  • Le projet EPR2 vise six nouveaux réacteurs nucléaires.
  • Budget colossal : 72,8 milliards d’euros annoncés.

Une coalition inédite autour de l’EPR2

Pour mener à bien le chantier jugé comme le plus ambitieux de ces dernières décennies, EDF s’apprête à bousculer ses habitudes. Selon des révélations des Échos, l’énergéticien national envisagerait de confier le cœur du génie civil pour ses nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 à un groupement sans précédent dans le secteur du BTP français. Les mastodontes Vinci, Bouygues et Eiffage, traditionnellement concurrents, pourraient unir leurs forces avec NGE et Fayat. Un mouvement stratégique qui ne laisse pas indifférent tant la taille du contrat estimé – « dizaine de milliards d’euros (en euros de 2020) », selon le quotidien – marque un tournant.

L’ambition du programme nucléaire relancé

Rappelons que ce projet vise la construction de six nouveaux réacteurs, dont les deux premiers doivent être mis en service en 2038 sur le site de Penly (Seine-Maritime). D’autres suivront à Gravelines (Nord) puis au Bugey (Ain). Pour mémoire, l’investissement total présenté par EDF à l’État fin décembre s’élève à un montant colossal : 72,8 milliards d’euros, sécurité incluse. Un chiffre qui illustre la dimension du défi technique et financier posé par la relance du parc nucléaire hexagonal.

L’évolution des stratégies industrielles face aux enjeux

La sélection d’un tel consortium constituerait une rupture. Jusqu’ici, chaque acteur avançait seul ou en binôme : en 2023, par exemple, c’est uniquement Eiffage qui avait été retenu pour piloter le génie civil des deux premiers EPR2 à Penly, évinçant ainsi le duo habituel formé par Bouygues et Vinci. Mais devant les défis rencontrés lors du chantier fleuve de Flamanville – retards et surcoûts notamment – la volonté d’EDF serait claire : tirer parti du partage d’expérience, peser sur les prix grâce au regroupement des forces vives et accélérer la montée en charge.

D’ailleurs, les entreprises contactées n’ont pas confirmé ces discussions ; tout comme EDF, qui se contente de rappeler qu’une « démarche de compétitivité visant à améliorer son offre et le coût du Projet EPR2 » a bien été engagée depuis plusieurs mois.

Miser sur l’expérience collective pour sécuriser l’avenir énergétique

L’électricien national espère manifestement éviter les déconvenues passées. Le début symbolique des travaux à Penly – la coulée du « premier béton » – a déjà été repoussé de 2026 à 2028. C’est pourquoi la mobilisation conjointe des majors du secteur s’apparente à une tentative assumée de maîtriser coûts et délais, inspirée des grands projets ferroviaires récents.

Voici les objectifs affichés par cette démarche :

  • Diminuer les risques financiers ;
  • Sécuriser les échéances clés ;
  • Bénéficier d’une mutualisation inédite des compétences.

Si cette alliance se concrétisait, elle marquerait un précédent pour l’industrie nucléaire française autant qu’un nouveau chapitre dans la manière dont sont menés les grands chantiers nationaux.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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