Face à l’afflux de colis chinois, la France compte tripler les inspections sur Shein et Temu

Image d'illustration. TemuADN
Face à l’explosion des achats en ligne sur des plateformes comme Shein et Temu, les autorités françaises prévoient de renforcer considérablement la surveillance douanière, avec pour objectif de tripler le nombre d’inspections des petits colis expédiés depuis la Chine.
Tl;dr
- La France va tripler les contrôles sur les colis chinois.
- Interdiction de la publicité pour Shein et Temu envisagée.
- 4,6 milliards de petits colis chinois en Europe en 2024.
Lutte accrue contre les colis chinois : la France resserre l’étau
En toile de fond, une inquiétude grandissante : la multiplication des petits colis venus de Chine inquiète jusqu’au sommet de l’État. Pour preuve, en 2024, ce sont près de 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros qui ont inondé le marché européen — un flux équivalent à plus de 145 paquets chaque seconde, dont 91 % provenaient directement de Chine. À l’échelle hexagonale, pas moins de 800 millions de colis ont été réceptionnés l’an passé.
Concurrence sous tension pour les commerçants français
Les commerçants locaux n’hésitent plus à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une forme avérée de concurrence déloyale, orchestrée par des plateformes chinoises telles que Shein et Temu. Ces géants du e-commerce profitent notamment d’un régime fiscal avantageux : les paquets d’une valeur inférieure à 150 euros échappent aux taxes douanières européennes. Face à cette situation jugée insoutenable par beaucoup, la France a récemment proposé d’instaurer des « frais de gestion » sur ces envois afin de financer des contrôles renforcés.
Le gouvernement muscle ses dispositifs
Dans ce contexte tendu, la ministre déléguée chargée du Commerce et de la Consommation, Véronique Louwagie, a franchi une étape supplémentaire en annonçant vouloir tripler les vérifications opérées par la DGCCRF. D’après elle, les plateformes chinoises affichent trop souvent des manquements aux normes relatives à la fabrication ou à la mise sur le marché. Elle envisage par ailleurs une mesure inédite : « une interdiction de la publicité » visant spécifiquement ces acteurs du commerce en ligne. Les détails devraient prochainement figurer dans une circulaire gouvernementale.
L’ombre portée des tensions sino-américaines
Derrière ces annonces se profile aussi un climat international tendu. La crainte d’une intensification du flux de produits chinois vers l’Europe s’accroît sur fond de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Les autorités françaises semblent déterminées à ne pas laisser leur marché devenir le maillon faible face à cette pression grandissante.
Pour nombre d’observateurs, il reste néanmoins à voir si l’ensemble des mesures envisagées sauront réellement endiguer ce phénomène qui bouleverse tout un pan du commerce européen.
