Le tribunal a accordé un redressement à la Fonderie de Bretagne. L’usine de Caudan doit trouver 3 millions d’euros d’ici au 17 juillet pour survivre.
En bref
- Répit judiciaire pour l’usine de Caudan
- 3 millions d’euros à trouver avant le 17 juillet
- Renault pourrait aider via des fonds en fiducie
Trois millions d’euros en quinze jours. C’est, très concrètement, le prix du sursis pour la Fonderie de Bretagne.
L’usine de Caudan, dans le Morbihan, a été placée en redressement judiciaire pour cessation de paiements par le tribunal de commerce de Lorient. Ce répit n’efface rien. Il ouvre juste une fenêtre. D’ici au 17 juillet, l’entreprise doit réunir 3 millions d’euros. Si la somme n’est pas trouvée, la liquidation suivra. Si elle l’est, la procédure pourra continuer et laisser un peu de temps pour chercher un repreneur.
Trois millions à réunir, sinon l’arrêt
Pour les salariés, l’équation est brutale. Eric Guyomard, délégué syndical CGT, l’a dit sans détour, si l’objectif financier n’est pas atteint, l’issue sera la liquidation. Et à l’inverse, si ces 3 millions sont réunis, l’entreprise pourra poursuivre sa procédure et tenter d’attirer un repreneur. Il a aussi assuré rester optimiste.
On parle ici de 250 salariés. Pas d’un simple dossier comptable.
Un tribunal, 250 emplois, un peu de répit
Devant le tribunal de commerce de Lorient, environ 200 personnes s’étaient rassemblées. La décision a donc été accueillie avec soulagement. Eric Blanchier, salarié et élu CGT, a expliqué qu’il s’attendait à un redressement, pas à une liquidation, parce que selon lui la fonderie mérite d’exister. Il a aussi estimé qu’il fallait désormais des dirigeants sérieux à la tête du site.
Ce soulagement reste fragile. Le calendrier, lui, ne laisse aucune marge.
La reprise par Europlasma a déraillé
L’affaire est d’autant plus lourde que la Fonderie de Bretagne avait été reprise en avril 2025 par Europlasma, groupe habitué aux sites industriels en difficulté. Mardi, c’est d’ailleurs Europlasma qui a demandé le placement en redressement judiciaire de l’entreprise.
Au moment de la reprise, le groupe promettait 15 millions d’euros d’investissement sur trois ans et une diversification de la production, notamment avec des corps creux destinés à des obus de mortier. Mais selon Maël Le Goff, secrétaire général de la CGT de la Fonderie de Bretagne, l’intégralité des sommes promises n’a jamais été versée.
Depuis l’incendie grave de janvier, qui a endommagé un four, la production est à l’arrêt. Europlasma fait valoir que les difficultés actuelles viennent d’abord de cet incendie. Maël Le Goff, lui, accuse le repreneur et a lancé « La galère a daté depuis le jour où ils sont arrivés ! »
Renault redevient une pièce du dossier
Mercredi, au Sénat, le ministre de l’Économie Roland Lescure a expliqué qu’il mobilisait Renault pour générer de la trésorerie. Le constructeur a placé des fonds en fiducie, et les syndicats comptent clairement sur cet argent pour éviter la liquidation.
Le ministre a indiqué vouloir travailler avec Renault pour que ces fonds permettent de gagner du temps, d’obtenir le redressement puis de trouver un repreneur. Bref, ce qui se joue maintenant est simple à comprendre pour vous, l’usine a obtenu un délai. Pas encore une issue.