Alinea : une proposition de reprise sur la table, des magasins menacés de fermeture définitive

Image d'illustration. Mobilier raffiné exposé en magasin lumineuxADN
Alors qu’une offre de reprise a été déposée pour l’enseigne Alinea, l’avenir de plusieurs magasins reste incertain. Certains points de vente pourraient ne jamais rouvrir leurs portes, menaçant ainsi des emplois et le paysage commercial local.
Tl;dr
- Offre globale de reprise d’Alinea jugée irrecevable.
- Seuls 572 emplois sur 1 200 pourraient être maintenus.
- Liquidation judiciaire envisagée par le procureur.
Une offre inattendue, mais rejetée
Le sort de l’enseigne française d’ameublement Alinea, placée en redressement judiciaire depuis le 20 novembre, demeure incertain. Lors de l’audience du jeudi 5 mars devant le tribunal de Marseille, une unique proposition globale de reprise, portée par la holding roumaine SDC, a été soumise in extremis. Selon un document relayé par Le Canard enchaîné, cette offre prévoyait le maintien de vingt magasins sur trente-six et la sauvegarde de près de la moitié des effectifs – soit seulement 572 emplois sur 1 200. Les sept sites les plus déficitaires, dont Aubagne et Orléans, auraient été définitivement fermés.
Des alternatives jugées insuffisantes
Face à cette offre roumaine, cinq autres propositions émanant d’acteurs majeurs du secteur comme Ikea, Leroy Merlin ou encore B&M, ont également été déposées. Toutefois, celles-ci se limitaient à quelques points de vente seulement – entre huit et trente salariés sauvés par enseigne selon les cas. Finalement, ni la candidature roumaine ni celle venue de Chine n’ont convaincu : « jugées irrecevables », a précisé la direction d’Alinea dans un message interne. Un coup dur pour les salariés mobilisés, certains dénonçant un « manque de respect » après l’absence remarquée d’un représentant roumain lors des débats.
Lourd contexte sectoriel et perspectives sombres
La situation critique d’Alinea n’est pas isolée. Le secteur français du meuble subit depuis plusieurs années une concurrence intense : géants internationaux comme Ikea, enseignes discount à l’image d’Action, et montée en puissance du e-commerce (Temu) fragilisent le modèle des chaînes historiques. D’après une récente étude de l’Insee, les segments ameublement, bricolage et électroménager ont vu leur réseau reculer d’environ 7 % entre 2015 et 2022, affectés par « difficultés structurelles », inflation persistante et arbitrages budgétaires des consommateurs.
L’horizon s’obscurcit pour Alinea
Pour mémoire, Alinea, créée en 1988 à Avignon et adossée au groupe Mulliez (Auchan, Decathlon), avait déjà subi un sévère plan social en 2020 – perte de 17 magasins et près de mille emplois – avant d’intégrer récemment une vingtaine de points de vente Zodio. Cette fois, la procédure judiciaire semble sur le point d’atteindre son terme : liquidation pure et simple ou plan de redressement ? Le procureur penche pour la première option ; la décision définitive est attendue le 31 mars. Les prochains jours seront donc cruciaux pour l’avenir du spécialiste français du mobilier.
