La Banque de France suggère une baisse du taux du Livret A à 1,5 %

Image d'illustration. L'épargne.ADN
La Banque de France a récemment suggéré une baisse du taux d’intérêt du Livret A, actuellement à 3 %, pour le ramener à 1,5 %. Cette proposition intervient dans un contexte de ralentissement de l’inflation et suscite déjà des réactions.
Tl;dr
- Le taux du Livret A baisse à 1,5 %.
- Le LEP fixé à 2,5 % pour les modestes.
- Baisse du Livret A, avantage aux banques et assurances.
Un nouveau revers pour l’épargne populaire
La nouvelle est tombée ce jeudi : le taux du Livret A, si cher à 57 millions de Français, va une fois de plus reculer. À compter du 1ᵉʳ février, il passera de 1,7 % à seulement 1,5 %, a annoncé le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Pour les détenteurs du Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages les plus modestes, le taux sera quant à lui ajusté à 2,5 %.
Bercy défend une décision difficile
Du côté du gouvernement, on tente de rassurer. Selon le locataire de Bercy : « Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé ». Difficile toutefois de masquer la déception chez les épargnants, tant cette mesure prolonge une chute inédite du rendement. En un an, le taux a été divisé par deux : début 2025 il était encore fixé à 3 %, avant d’être successivement abaissé à 2,4 % puis à 1,7 %. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un niveau aussi bas.
Derrière la formule officielle, quelques marges de manœuvre
Le calcul semestriel du rendement s’appuie sur deux variables clés : la politique monétaire de la BCE et l’inflation hors tabac sur le second semestre 2025 – évaluée dernièrement par l’Insee à seulement 0,8 %. Cette faible inflation pèse directement sur la rémunération des épargnants. Face à cela, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et Roland Lescure, disposent d’un certain pouvoir discrétionnaire. Cette fois-ci encore, ils ont opté pour un léger arrondi favorable : sans cela, le taux serait tombé à… 1,4 %.
Pour les ménages modestes bénéficiant d’un LEP – dont Bercy souhaite « conserver un avantage marqué pour les plus modestes » –, la baisse a été limitée grâce à ce même jeu d’arrondis.
Bénéfices en chaîne pour banques et assureurs
Au-delà des épargnants qui voient fondre leur rémunération réglementée – que ce soit via le Livret A ou le LDDS –, plusieurs acteurs économiques se réjouissent ouvertement. Voici comment cette baisse fait des heureux :
- Banques : elles proposent davantage leurs propres produits concurrents souvent mieux rémunérés pour elles.
- Secteur HLM : conditions d’emprunt indexées au Livret A allégées.
- Assureurs : avec des assurances-vie désormais plus attractives face au Livret A.
Les arbitrages se multiplient donc chez les Français qui semblent bouder progressivement leur Livret A au profit de ces alternatives. Pourtant – c’est là tout le paradoxe –, jamais autant d’attention n’aura été portée sur ces placements populaires dans une période où leur rendement s’amenuise…
