Comment le taux du Livret A est-il réellement déterminé ?

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Le taux du Livret A, produit d’épargne préféré des Français, n’est pas arbitraire : il résulte de calculs précis prenant en compte l’inflation et les taux interbancaires, selon une formule définie par les pouvoirs publics.
Tl;dr
- Le taux du Livret A baissera à 1,5 % en février.
- Son calcul dépend de l’inflation et des taux interbancaires.
- Ce taux sert de référence à d’autres produits d’épargne.
Le Livret A : Un pilier de l’épargne en mutation
Sur le plan patrimonial, rares sont les produits aussi populaires que le Livret A. Avec ses 57 millions de détenteurs et une épargne totale atteignant 438,9 milliards d’euros attendue fin 2025, il s’impose comme la solution préférée des Français. Pourtant, il reste loin derrière l’assurance vie dont les encours culminent à quelque 2.100 milliards d’euros.
Un taux bientôt abaissé, pourquoi ?
Dès le mois prochain, les détenteurs du Livret A devront s’habituer à un nouveau chiffre : son taux de rémunération passera de 1,7 % à 1,5 %. Cette baisse n’est pas anodine ; il y a un an encore, le rendement atteignait les 3 %. Ce recul découle principalement du ralentissement de l’inflation, mais ce n’est pas l’unique variable prise en compte.
Comment est déterminé le taux du Livret A ?
La fixation du taux répond à une mécanique bien huilée. Concrètement, la formule retenue par le gouvernement combine deux scénarios pour retenir le plus avantageux (arrondi au quart de point supérieur) :
- L’inflation sur douze mois glissants majorée d’un quart de point.
- Ou la moyenne arithmétique entre cette inflation annuelle et la demi-somme des moyennes mensuelles de l’Euribor trois mois et de l’Eonia (€STR).
Par exemple, au 14 janvier 2026, l’Euribor trois mois pointait à 2,016 %, tandis que l’Eonia affichait 1,93 %, avec une inflation annuelle mesurée à seulement 0,8 %. Ces données alimentent un calcul que le ministère de l’Économie officialise ensuite – sur avis du gouverneur de la Banque de France. « Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse », confiait récemment Roland Lescure. Sans cet arrondi salvateur, le taux aurait encore glissé à 1,4 %.
Périodicité des révisions et utilité élargie
Autrefois actualisé deux fois par an (février et août), le taux peut désormais être ajusté jusqu’à quatre fois par an – si la variation des marchés ou de l’inflation s’avère significative. Toutefois, aucune modification ne peut dépasser une amplitude de 1,5 points.
Il convient enfin de rappeler que ce taux fait référence pour d’autres produits phares : livret de développement durable (LDD), livret d’épargne populaire (LEP), compte épargne logement (CEL). De plus, il sous-tend les prêts octroyés aux organismes du logement social via un mécanisme indexé et souvent accompagné d’un taux préférentiel.
Derrière ce chiffre sobre se cache un équilibre subtil entre protection des épargnants et soutien aux acteurs économiques clefs.
