L’économie suisse secouée par les tarifs douaniers imprévisibles imposés par Trump

Image d'illustration. Zurich, SuisseADN
L’économie suisse vacille depuis la récente décision de l’administration Trump d’imposer de nouveaux droits de douane. Ce bouleversement commercial provoque une onde de choc sur les entreprises helvétiques, inquiètes pour leur compétitivité et leurs exportations.
Tl;dr
- Suisse confrontée à une surtaxe américaine de 39 %.
- Pharmaceutique et horlogerie particulièrement menacées.
- Négociations urgentes avant l’échéance du 7 août.
Tempête économique pour la Suisse face à Washington
L’annonce est tombée, brutale : les produits suisses importés aux États-Unis seront frappés d’une surtaxe douanière de 39 %. Ce taux, bien supérieur aux 15 % imposés aux concurrents de l’Union européenne, a immédiatement secoué le pays. À la Bourse suisse, l’impact ne s’est pas fait attendre ; dès l’ouverture lundi, les indices plongeaient de près de 2 % avant un léger rebond.
Une riposte politique et économique en urgence
Face à cette décision inédite du gouvernement de Trump, le gouvernement fédéral suisse a réuni ses ministres en urgence. Des consultations se sont tenues avec les grandes entreprises helvétiques, tandis que les autorités cherchent une issue diplomatique. Le Conseil fédéral, apprenant avec « grand regret » la mesure, espère profiter des quelques jours restant avant le 7 août pour obtenir des concessions de la part de Washington.
Le président de la Confédération, Karin Keller-Sutter, s’est insurgé contre la justification avancée par le locataire de la Maison Blanche. Selon elle, il serait « absurde » d’accuser la Suisse de « voler » les États-Unis au regard du déficit commercial chiffré à environ 40 milliards de francs suisses (soit près de 43 milliards d’euros). Pourtant, c’est bien ce déséquilibre qui semble nourrir le courroux américain.
Secteurs en première ligne : horlogerie et pharmacie
Le détail des secteurs concernés reste incertain mais les inquiétudes s’accumulent. Pour Hans Gersbach, professeur d’économie à l’École polytechnique fédérale de Zurich, si ces droits étaient effectivement appliqués à tous les produits suisses, le coût pour l’économie pourrait représenter entre 0,3 % et 0,6 % de croissance annuelle. L’effet sur le produit intérieur brut pourrait même atteindre « au moins 0,7 % » si les produits pharmaceutiques – qui forment plus de la moitié des exportations – venaient, eux aussi, à être taxés.
Certaines branches sont particulièrement vulnérables :
- L’horlogerie suisse, fleuron national dont toutes les montres sont assemblées localement.
- Les fabricants suisses de machines-outils et d’équipements spécialisés.
Des analystes financiers chez Vontobel préviennent déjà d’une « année noire » à venir pour ces secteurs stratégiques.
Négociations sous tension dans un climat incertain
À quelques jours d’une échéance décisive, Berne s’efforce donc d’éviter un choc durable pour son économie ouverte. Si la voie du dialogue prévaut toujours officiellement avec l’« Oncle Sam », dans les couloirs du pouvoir helvétique une certaine fébrilité s’installe : réussir à convaincre Washington que frapper ainsi ses partenaires traditionnels pourrait bien avoir des effets contreproductifs sur toute la chaîne mondiale du commerce.
