Depuis janvier 2022, la réglementation interdit déjà les solutions de chauffage exclusivement au gaz dans les maisons neuves.
La question fait s’interroger la filière tout comme des élus, le bâtiment et le monde agricole qui investit dans le gaz vert et craint une montée du tout-électrique.
Déjà interdite progressivement dans le neuf depuis le 1er janvier 2022, la bonne vieille chaudière au gaz va-t-elle disparaitre partout ?
Chauffage gaz : « La filière s’inquiète »
À la suite de questions écrites de deux sénateurs, le député centriste du Morbihan Paul Molac s’est inquiété à son tour en demandant au gouvernement de clarifier ses intentions :
Aujourd’hui, le bannissement du gaz ne concerne que le neuf, mais qu’en sera-t-il demain ? La filière s’inquiète, les discussions au plus haut niveau laissent à penser que leur renouvellement pourrait être interdit lors du renouvellement dans les bâtiments anciens.
« Il n’y a pas à ce jour d’objectif d’interdiction »
La réduction de la consommation de gaz accompagne la volonté de limiter la dépendance française au gaz fossile. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que cette réduction pourrait être de 43% à 85% à l’horizon 20250.
Alors que le député Molac avançait que « De nombreux agriculteurs ont investi dans la méthanisation, donc dans la production de gaz vert directement injecté dans les réseaux », le délégue à la Ville et au Logement Olivier Klein lui répondait :
Il n’y a pas à ce jour d’objectif d’interdiction de la production de chauffage et de l’eau chaude sanitaire dans le logement ancien. C’est un travail que nous devons mener collectivement avec l’ensemble des acteurs et des fournisseurs pour être équilibré, mais en nous tenant à l’objectif de décarbonation qui est le nôtre.
Une « erreur majeure » selon GRDF
En France, la production locale de gaz renouvelable par des méthaniseurs digérant des déchets agricoles, des boues d’épuration ne concerne que 2% de la consommation totale.
Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF, l’entreprise de transport de gaz, rappelle qu’en 2030 ce taux passerait à 20%. Selon elle, « Ce serait une erreur majeure de sortir tout le chauffage au gaz des bâtiments car cela augmenterait les besoins en électricité, notamment au moment des pointes ».
D’après plusieurs sources concordantes, une « concertation » entre les ministères concernés et les acteurs du bâtiment et de l’énergie doit s’ouvrir bientôt.
