L’exécutif invite les syndicats à ouvrir des discussions sur les deux jours fériés

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Le gouvernement sollicite l’ouverture de discussions avec les organisations syndicales concernant l’aménagement de deux jours fériés. L’exécutif espère parvenir à un accord sur leur statut et leur organisation dans le calendrier annuel des travailleurs.
Tl;dr
- Suppression envisagée de deux jours fériés dès 2026.
- Syndicats dénoncent une remise en cause des acquis sociaux.
- Négociations avec les partenaires sociaux prévues d’ici septembre.
Vers la suppression de deux jours fériés : l’État resserre la vis budgétaire
L’annonce est tombée comme un pavé dans la mare, ravivant aussitôt les débats sur la réforme des jours fériés. Après avoir confirmé son objectif d’un rendement de 4,2 milliards d’euros pour le budget de l’État dès 2026, le gouvernement français souhaite supprimer deux jours chômés, et met désormais la pression sur les partenaires sociaux. Ces derniers disposent jusqu’au 1ᵉʳ septembre pour indiquer s’ils veulent ouvrir une négociation. Le calendrier s’avère serré, car toute discussion devra être close avant fin septembre.
Un dispositif inspiré de la « journée de solidarité »
Le plan du gouvernement, révélé notamment par Les Echos, viserait principalement le lundi de Pâques et le 8 mai. Néanmoins, ce choix reste ouvert à discussion tant que le rendement fiscal demeure inchangé. Les salariés du privé comme ceux du public seraient concernés. Ils ne percevraient aucune rémunération supplémentaire pour ces nouvelles journées travaillées. Pour compenser, les employeurs du secteur privé verseraient une contribution affectée au budget national — un schéma qui rappelle celui mis en place pour la journée dite « de solidarité ». Dans sa lettre aux partenaires sociaux, le chef du gouvernement insiste sur la nécessité d’« accroître l’effort collectif pour résorber notre déficit d’activité et stimuler la production nationale ».
Syndicats vent debout contre ce projet
Mais voilà, l’annonce n’a pas tardé à faire réagir. Du côté syndical, l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC) dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « remise en cause explicite des acquis sociaux obtenus depuis 70 ans ». Selon elle, ce projet va à l’encontre même de l’esprit du Code du Travail qui vise à préserver équilibre et cohésion au sein de la société. Olivier Guivarc’h (CFDT) s’interroge publiquement sur la légitimité de renégocier si tôt après l’accord conclu en novembre dernier sur l’assurance chômage, entré en vigueur début avril.
Voici les principaux points encore en suspens qui devront être clarifiés lors des discussions annoncées :
- L’organisation concrète des nouvelles journées travaillées pour les salariés déjà mobilisés ces jours-là.
- La prise en compte des spécificités locales, notamment en Alsace-Moselle et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
D’autres réformes sociales dans le viseur
Ce dossier sensible arrive alors que les partenaires sociaux viennent tout juste d’adopter de nouvelles règles sur l’assurance chômage, prévues pour générer entre 2 et 2,5 milliards d’euros d’économies annuelles à partir de 2026. Le débat autour des jours fériés ne fait que commencer et promet d’être animé à mesure que s’approche la rentrée sociale.
