Le budget 2026 écarte l’instauration d’un nouvel impôt sur la fortune

Image d'illustration. Argent richesseADN
Le projet de budget pour l’année 2026 ne prévoit pas la création d’un nouvel impôt sur la fortune, confirmant ainsi l’absence de cette mesure fiscale souvent débattue dans le paysage politique et économique français.
Tl;dr
- Nouvel impôt sur la fortune rejeté à l’Assemblée.
- Gouvernement et RN opposés à la proposition socialiste.
- Débat intense autour de l’extension de l’IFI.
Une proposition fiscale rejetée malgré les attentes
La volonté des députés socialistes de renforcer l’impôt sur la fortune a buté, jeudi, sur un vote sans appel : 98 voix contre 41. L’amendement, porté par Philippe Brun, ambitionnait d’étendre l’IFI à la « fortune financière non professionnelle », dans l’espoir d’obtenir jusqu’à trois milliards d’euros supplémentaires. Pourtant, le gouvernement avait rapidement affiché sa réticence, évoquant notamment le risque de mettre en péril le financement à long terme des entreprises françaises.
Des débats nourris et des positions mouvantes
Ce projet d’élargissement de l’IFI, adopté en commission des finances la semaine passée, n’a pas résisté à une opposition plurielle lors du vote final. D’ailleurs, si le texte avait initialement reçu le soutien inattendu du Rassemblement national, cette alliance de circonstance a volé en éclats. Cette fois-ci, le RN s’est prononcé contre la proposition socialiste, lui reprochant principalement de ne pas exclure la résidence principale du calcul.
L’assurance vie au cœur des crispations
L’inclusion de l’assurance vie dans la base imposable a particulièrement inquiété le gouvernement et suscité une levée de boucliers. Pour les socialistes, cette mesure aurait pu rapporter jusqu’à cinq milliards d’euros – bien plus que les deux milliards issus de l’IFI actuel. Pourtant, selon les membres du gouvernement comme Amélie de Montchalin, il existait un risque réel que ce dispositif nuise au rendement global du prélèvement.
D’autres tentatives avortées pour réformer la fiscalité du patrimoine
Plusieurs initiatives visant à renforcer la justice fiscale ont échoué ces derniers jours à l’Assemblée nationale. Mercredi soir déjà, une taxe sur les holdings patrimoniales défendue par le gouvernement avait été retoquée. Les parlementaires ont également annulé les modifications introduites par les sénateurs concernant l’IFI, suivant ainsi les recommandations prudentes d’Amélie de Montchalin. À ce stade, difficile d’imaginer un consensus rapide sur une réforme structurelle de la fiscalité patrimoniale tant les lignes politiques semblent mouvantes et clivées :
- Soutien éphémère du RN, rapidement retiré sur des questions techniques.
- Doutes du gouvernement, qui craint pour le financement économique.
- Plaidoyer socialiste pour davantage de justice fiscale.
Au terme d’une semaine où chaque camp s’est efforcé de défendre ses priorités budgétaires, une chose demeure certaine : le débat autour de la taxation du patrimoine continue d’agiter profondément les bancs de l’hémicycle français.
