Moscovici rejette la proposition de Bayrou d’une « année blanche » pour le budget 2026

Image d'illustration. Budget de l'EtatADN
Alors que l’idée d’une « année blanche » pour le budget 2026 est avancée par François Bayrou, Pierre Moscovici marque sa divergence. Le président de la Cour des comptes affiche ainsi son désaccord avec cette proposition budgétaire controversée.
Tl;dr
- Moscovici rejette l’idée d’« année blanche » budgétaire.
- Il plaide pour des réformes structurelles durables.
- Il reste évasif sur la présidentielle de 2027.
Le débat sur l’« année blanche » budgétaire
La proposition avancée par François Bayrou, visant à instaurer une « année blanche » budgétaire en 2026, suscite de vives réserves du côté de la Cour des comptes. Son premier président, Pierre Moscovici, ne cache pas son scepticisme : à ses yeux, un gel exceptionnel des dépenses ne ferait qu’esquiver le problème sans s’y attaquer en profondeur. « On ne le fait qu’une fois, et après, qu’est-ce que vous faites ? », s’interroge-t-il publiquement ce dimanche au micro de RadioJ. Pour lui, la véritable priorité reste la transformation structurelle des politiques publiques.
Réformes structurelles plutôt que mesures ponctuelles
Ce sujet prend d’autant plus d’ampleur que le Premier ministre, François Bayrou, s’apprête à dévoiler ses orientations budgétaires d’ici au 14 juillet, avec un objectif ambitieux : dégager pas moins de 40 milliards d’euros d’économies. Parmi les pistes discutées figure ce fameux gel budgétaire, qualifié par certains de solution rapide mais insuffisante. Pour Pierre Moscovici, il s’agit là d’un « one shot » incapable d’apporter les ajustements nécessaires sur la durée : « C’est en 26, 27, 28, 29 et 30 qu’il faudra agir », insiste-t-il. Seules des réformes profondes permettraient d’infléchir durablement la trajectoire des finances publiques.
L’effort partagé et l’équité fiscale en ligne de mire
Face à un taux de dépenses publiques atteignant désormais près de 57 % du PIB, le plus élevé en Europe, le diagnostic est sans appel : sans action concertée et progressive, aucune amélioration tangible ne sera possible. Pour y parvenir, l’ancien ministre préconise une approche équilibrée :
- Réduire les dépenses dans toutes les sphères publiques : État, collectivités locales et Sécurité sociale.
- Répartir l’effort selon la capacité contributive de chacun.
- N’envisager l’outil fiscal qu’en dernier recours et avec justice.
À ses yeux, revenir progressivement vers un ratio de dépenses plus modéré – autour de 54 ou 55 % du PIB – serait envisageable sans imposer une austérité drastique aux Français.
Moscovici et l’horizon politique de 2027
Interrogé enfin sur ses ambitions futures, notamment en vue de la prochaine élection présidentielle prévue en 2027, Pierre Moscovici se montre circonspect. À la fin de son mandat à la tête de la Cour des comptes en septembre 2026, il promet seulement d’être « un homme libre […] qui participera au débat politique […] mais candidat ? Je n’y pense même pas ». Mais alors que le journaliste insiste – « ça peut me venir comme ça peut ne pas me venir… Je n’ai jamais été obsédé par la présidentielle », glisse-t-il finalement. Une réserve qui laisse planer le doute sans jamais lever totalement l’hypothèse.
