Pour la première fois, Moody’s rétrograde la note de la dette des États-Unis

Image d'illustration. Pile d'argentADN
L’agence de notation Moody’s a pris la décision inédite de rétrograder la note de la dette des États-Unis, remettant ainsi en cause la solidité financière du pays et suscitant l’inquiétude sur les marchés internationaux.
Tl;dr
- Moody’s rétrograde la note de la dette américaine.
- Critiques vives de la Maison Blanche et des Républicains.
- Incertitudes sur le projet budgétaire central de Trump.
La note américaine sous pression : Moody’s frappe fort
Pour la première fois, l’agence de notation Moody’s abaisse la fameuse note AAA attribuée à la dette souveraine des États-Unis, reléguant le pays au rang AA1 avec une perspective jugée stable. Cette décision, prise vendredi, retentit comme un coup de tonnerre pour la politique économique menée par Donald Trump. En cause : l’aggravation de l’endettement fédéral et son coût croissant pour le budget national.
Des projets budgétaires contestés au Congrès
Ce revers intervient alors que plusieurs élus républicains ont bloqué un vote clé au Congrès. L’enjeu ? Un vaste projet de loi présenté comme le pilier du programme de Trump. Ce texte vise notamment à prolonger les crédits d’impôt phares instaurés lors de son premier mandat, avant leur expiration imminente. Il prévoit également environ 880 milliards de dollars d’économies budgétaires sur dix ans, impactant principalement les programmes d’assurance santé profitant à 70 millions d’Américains aux revenus modestes.
Devant ces blocages, l’agence Moody’s ne cache pas son pessimisme : elle estime improbable qu’un tel projet permette réellement de contenir le déficit ou d’alléger durablement la dette. Selon elle, « des déficits encore plus importants, avec une hausse des dépenses alors que les revenus resteront stables » risquent plutôt d’alourdir davantage le fardeau financier du pays.
Tensions politiques autour du rapport Moody’s
Face à cette annonce, la réaction de la Maison Blanche ne s’est pas fait attendre. Sur X (anciennement Twitter), Steven Cheung, directeur de la communication présidentielle, a vivement critiqué l’économiste en chef chez Moody’s Analytics, Mark Zandi : « Personne ne prend ses » analyses » au sérieux. Il a été prouvé qu’il avait tort à maintes reprises. »
Cette riposte traduit l’exaspération croissante du camp présidentiel face aux réserves exprimées par les agences financières et aux divisions internes sur les orientations budgétaires.
L’économie américaine conserve malgré tout ses atouts
Il serait pourtant hâtif d’enterrer l’économie américaine. Moody’s rappelle que les États-Unis bénéficient toujours d’une position unique grâce à « sa profondeur, les revenus élevés qu’elle génère, sa forte croissance potentielle et sa capacité à innover et renforcer sa productivité ». C’est ce qui explique le maintien d’une perspective stable sur la nouvelle note AA1. Notons enfin que Moody’s était jusque-là la dernière des trois grandes agences à ne pas avoir abaissé sa notation sur la dette américaine.
Si l’abaissement marque un tournant symbolique fort, il reflète surtout des incertitudes persistantes autour du pilotage budgétaire américain à court terme.
