Surnommé « pire patron au monde », il annonce sa démission inattendue

Image d'illustration. Des salariés en salle de réunion ADN
Connu pour ses méthodes de management controversées et souvent critiqué par ses employés, un dirigeant surnommé le « pire patron du monde » a annoncé son départ de l’entreprise, marquant ainsi la fin d’une ère mouvementée.
Tl;dr
- Licenciements massifs chez P & O Ferries en 2022.
- Peter Hebblethwaite quitte la direction après scandale.
- Salaire élevé malgré des pratiques illégales reconnues.
Un dirigeant controversé au cœur d’un scandale social
En mars 2022, le nom de Peter Hebblethwaite s’est retrouvé propulsé sous le feu des projecteurs, incarnant aux yeux du public britannique une certaine brutalité patronale. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que le patron de P & O Ferries soit qualifié de « le pire patron du monde » par la Confédération syndicale internationale, devançant même des figures telles que Jeff Bezos, ou encore Alan Joyce. Le sobriquet de « le patron le plus détesté au monde » lui a d’ailleurs été attribué outre-Manche.
Retour sur des licenciements massifs et illégaux
Il faut dire que la méthode employée pour remercier près de 800 marins chez P & O Ferries, remplacés par une main-d’œuvre moins coûteuse et rémunérée en-deçà du salaire minimum britannique, a choqué bien au-delà du secteur maritime. Le plus sidérant ? Beaucoup ont appris leur sort via une simple vidéo Zoom préenregistrée. Pour ne rien arranger, lors d’une audition parlementaire, Peter Hebblethwaite a reconnu sans détour avoir enfreint la législation sociale, allant même jusqu’à affirmer qu’il serait prêt à réitérer l’opération si besoin.
Bilan financier contrasté et départ annoncé
Pourtant, certains observateurs soulignent qu’au sein de l’entreprise, la gestion d’Hebblethwaite aurait permis d’amorcer un redressement financier après les pertes abyssales subies pendant la pandémie. Selon les chiffres relayés par Sky News, le déficit aurait reculé à un peu plus de 90 millions de livres sterling en 2023. Des avancées technologiques comme l’introduction des premiers grands ferries hybrides à double extrémité sur la liaison Douvres-Calais seraient également à mettre à son actif.
Salaire mirobolant et départ sous tension
Reste que l’annonce récente de son départ pour « raisons personnelles » n’éteint pas la polémique. Au moment même où certains marins remplaçants étaient rémunérés seulement 4,87 livres sterling l’heure, son propre revenu annuel atteignait les 683 000 livres – dont une prime conséquente. Ces écarts et ce management expéditif continueront sans doute longtemps d’alimenter les débats autour du modèle social britannique et des limites acceptables dans la gestion des ressources humaines.
