En 2024, la rémunération moyenne des dirigeants du CAC40 a atteint 5,6 millions d’euros

Image d'illustration. Bourse évolutionADN
En 2024, la rémunération moyenne des dirigeants des plus grandes entreprises françaises a atteint 5,6 millions d’euros. Ce chiffre met en lumière la place toujours prépondérante des hauts salaires au sein du CAC40.
Tl;dr
- Baisse de 9 % des salaires moyens au CAC40.
- Médiane des rémunérations à un niveau record.
- Top 3 : EssilorLuxottica, Bolloré, Dassault Systèmes.
Des chiffres toujours plus vertigineux
Qu’on le veuille ou non, les rémunérations des grands patrons continuent de faire tourner les têtes. Malgré une légère contraction cette année, les émoluments des dirigeants du CAC40 restent à un niveau qui peut sembler hors d’atteinte pour la plupart. Selon le dernier rapport du cabinet Proxinvest, publié ce mardi, la moyenne s’établit tout de même à 6,5 millions d’euros par dirigeant en 2024 – certes en recul de 9 % par rapport à l’an passé.
Médiane historique et écarts persistants
Si l’on s’intéresse à la médiane, c’est-à-dire le point où la moitié des dirigeants gagne plus et l’autre moins, le constat est encore plus frappant. Elle grimpe à environ 5,6 millions d’euros, atteignant ainsi « son plus haut niveau historique depuis la [première] publication du rapport Proxinvest » en 1999, soit une hausse de 5 % sur un an. Un chiffre qui témoigne d’une concentration sans précédent des rémunérations au sommet.
Du côté du SBF120, qui agrège les 120 plus grandes sociétés cotées de la place parisienne, on observe aussi une tension entre baisse et records : si la moyenne fléchit légèrement (4,2 millions d’euros, -4 %), la médiane bondit à 3,4 millions (+8 %), atteignant là aussi son « deuxième plus haut niveau historique ».
Records individuels et dépassements notables
Impossible d’ignorer les cas particuliers : cette année encore, certains dirigeants franchissent allègrement ce que Proxinvest qualifie de « rémunération maximale socialement acceptable », fixée à 5,7 millions d’euros. Ainsi :
- Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, caracole en tête avec une enveloppe totale de 23,1 millions d’euros en 2024 – soit plus du double de son précédent record.
- Cyrille Bolloré, héritier et dirigeant du groupe familial Bolloré, se hisse en deuxième position avec ses 15,7 millions.
- Pascal Daloz, tout récemment nommé chez Dassault Systèmes, décroche déjà la troisième place (15,5 millions).
- Patrick Pouyanné, figure emblématique de TotalEnergies, complète ce carré de tête avec une rémunération de 10,6 millions.
Tensions et perspectives sociales
Fait marquant : jamais autant de patrons du SBF120 n’avaient dépassé ce fameux seuil socialement acceptable – ils sont désormais vingt-six contre vingt-deux l’an dernier. Au fil des années et malgré quelques reculs ponctuels dans les montants moyens affichés, la question de la légitimité et de l’équité salariale au sommet des entreprises françaises ne cesse ainsi d’alimenter les débats. Pour beaucoup, ces chiffres interrogent autant qu’ils fascinent.
