Ukraine : Washington gèle ses sanctions contre Moscou, l’Europe s’alarme

L’Europe enserre la Russie pétrolière
Image d'illustration. Washington suspend 60 jours de sanctions. — ADN

Les Etats-Unis suspendent pendant 60 jours des sanctions visant l’énergie russe. Officiellement, Washington veut mesurer l’impact économique mondial.

En bref

  • Washington suspend des sanctions contre Moscou 60 jours
  • Marco Rubio invoque l’impact sur l’énergie mondiale
  • Kiev y voit un nouveau geste favorable à Moscou

Soixante jours. C’est peu à l’échelle d’une guerre, mais assez pour changer un rapport de force diplomatique. En gelant l’application de nouvelles sanctions contre la Russie, l’administration de Donald Trump envoie un message simple, les considérations de prix de l’énergie et de coût économique pèsent désormais très lourd à Washington.

Soixante jours de pause, et un signal politique fort

La décision a été officialisée par un décret présidentiel publié vendredi soir par la Maison-Blanche. Elle suspend l’application de mesures prévues par le Graham Act, une loi promulguée à la mi-septembre et présentée comme la première action majeure du Congrès américain contre Moscou depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Dit autrement, il ne s’agit pas d’une annulation, mais d’une pause de 60 jours. Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, explique que le président veut utiliser cette période pour mesurer les conséquences économiques des sanctions. Pas seulement pour le reste du monde, aussi pour les Etats-Unis.

Le pétrole, le diesel et la crainte d’un choc économique

L’argument avancé par Marco Rubio tient en un mot, ou presque, énergie. Il insiste sur le fait que plusieurs crises se superposent et finissent par se répercuter sur l’économie. Il cite la guerre menée par les Etats-Unis contre l’Iran, mais aussi les attaques des rebelles houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite.

Selon lui, ces conflits se percutent et pèsent sur les prix internationaux du pétrole et du diesel, avec des effets plus larges sur l’activité. Bon, l’idée est claire, la Maison-Blanche veut éviter qu’un durcissement vis-à-vis de Moscou n’ajoute une tension de plus sur les marchés énergétiques.

Kiev dénonce, la crise avec Washington s’aggrave

Pour l’Ukraine, cette suspension passe très mal. Kiev l’a vivement dénoncée, d’autant qu’elle intervient après plusieurs jours de tensions croissantes avec Washington. Et le contexte compte quand même. Quelques jours plus tôt, Washington et Moscou s’étaient déjà entendus pour lever des sanctions afin de permettre aux Etats-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe.

Donald Trump, lui, assume. Samedi soir, il a jugé, en parlant de cette décision, qu’« c’est une très bonne décision, et ce sera une décision qui est bonne pour le pays, et je pense, bonne pour le monde ». En face, la relation avec Volodymyr Zelensky se tend encore. Le président américain appelle au départ de son homologue ukrainien, tandis que l’Ukraine reproche à son allié américain de ne pas l’avoir prévenue d’attaques russes.

Ce que ça change, pour vous, tient surtout à ceci, les sanctions ne sont plus seulement un outil géopolitique. Elles sont désormais arbitrées aussi à l’aune de leur effet sur les cours de l’énergie, et donc, indirectement, sur l’économie du quotidien.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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