Après le SCAF, Airbus pousse déjà un autre avion de combat européen

Image d'illustration. Avion de chasse hangar franceADN
Le projet Scaf a été enterré par Paris et Berlin. Une alliance emmenée par Airbus a déjà remis à l’Allemagne une offre pour un chasseur de 6e génération.
En bref
- Le Scaf est abandonné
- Airbus pousse Team Gen 6
- Berlin cherche de nouveaux partenaires
Le rebond est presque immédiat. À peine le Scaf enterré lundi par Emmanuel Macron et le chancelier Merz, une autre offre arrive déjà sur le bureau de Berlin. Cette fois, il s’agit d’un projet de chasseur de 6ᵉ génération porté par une alliance de huit entreprises menée par Airbus.
Berlin ne veut pas laisser le vide trop longtemps
Le document a été transmis au ministère allemand de la Défense, selon un porte-parole de Hensoldt, qui a confirmé l’information mardi à l’AFP. L’alliance s’appelle Team Gen 6 et doit formaliser sa position jeudi au salon aéronautique ILA de Berlin.
Ce point compte, parce qu’on parle d’une alternative présentée comme impulsée par l’Allemagne. Autrement dit, l’abandon du programme commun avec la France et l’Espagne n’a pas laissé place à l’attente. Il a ouvert un autre chemin, déjà très concret.
Une équipe emmenée par Airbus, très marquée Allemagne
Au centre, on retrouve la branche défense et spatial d’Airbus. Autour, Hensoldt et le missilier MBDA, plus cinq groupes allemands, Diehl, MTU Aero Engines, Liebherr, Autoflug et Rohde et Schwarz.
Résultat ? Une coalition européenne sur le papier, mais avec un poids allemand très net. Et ce n’est pas un détail. La proposition a d’ailleurs, selon le Financial Times, aussi été adressée au chancelier Merz. Les autres entreprises citées par l’AFP n’ont pas commenté, ou n’étaient pas joignables dans l’immédiat.
Le vrai sujet, c’est l’échec politique du Scaf
Le Scaf, programme emblématique de coopération militaire européenne, avait été lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. L’Espagne l’avait rejoint en 2019. Après des mois de tensions entre Airbus et Dassault, le projet a fini par capoter. Pour les Européens, c’est un revers lourd, quand même, au moment même où ils cherchent à renforcer leur défense face à la menace russe.
Le contexte pèse. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les investissements militaires européens ont été dopés. Et le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, l’a dit sans détour à des journalistes, « L’Allemagne recherche de nouveaux partenaires pour construire un avion de combat de nouvelle génération ». Il a ajouté que des discussions étaient en cours depuis des mois avec plusieurs acteurs.
Ce que cela change, pour vous, est assez simple. Le dossier ne se limite plus à un programme raté entre capitales européennes. Il bascule dans une nouvelle phase, plus industrielle, plus concurrentielle aussi, avec l’Allemagne qui tente de reprendre la main rapidement.
