L’armée valide la cession de LMB Aerospace à un groupe américain

Image d'illustration. ArmeeADN
L’armée confirme avoir validé la cession de l’entreprise LMB Aerospace à un groupe américain. Cette opération stratégique, soumise à autorisation en raison de la sensibilité des activités de défense, suscite l’attention des acteurs industriels et politiques.
Tl;dr
- Vente de LMB Aerospace validée par la DGA.
- Garantie du maintien des activités industrielles en France.
- Sanctions financières prévues si engagements non tenus.
Un accord qui fait débat
Alors que la rumeur d’une vente sans feu vert circulait, l’avenir de LMB Aerospace, ce spécialiste français des ventilateurs électriques, a soudainement occupé le devant de la scène. Jeudi soir, sur X, la ministre des Armées Catherine Vautrin a coupé court à toute ambiguïté : le rachat par le groupe américain Loar Group a bel et bien reçu le feu vert de la Direction générale de l’armement (DGA). Interrogé par Le Parisien – Aujourd’hui en France, Benoît Laroche de Roussane, directeur de l’Industrie de défense à la DGA, a clarifié : « Nous avons donné notre accord après avoir étudié le projet industriel de l’acheteur pour connaître son intention. »
Des garanties au cœur du dossier
Installée à Malemort-sur-Corrèze, l’entreprise compte près de 80 salariés et fournit notamment ses ventilateurs au mythique avion de chasse Rafale. Mais selon un industriel travaillant régulièrement avec LMB Aerospace, pas question d’évoquer une « exposition critique » : « Ce type d’équipement existe aussi chez Thalès ou encore chez Safran. » En somme, même si l’entreprise occupe une place respectable dans la filière aéronautique française, ses productions ne sont pas irremplaçables.
L’État impose ses conditions
Loin d’être relâchée, la vigilance reste donc de mise. Le ministère de l’Économie met en avant les solides garanties négociées dans le cadre du rachat. Celles-ci comprennent :
- Maintien en France des capacités industrielles
- Modernisation du site corrézien
- Pénalités financières dissuasives en cas d’engagements non tenus : plus de 700 millions d’euros, soit le double du montant investi par l’acquéreur américain
Ces mesures visent clairement à rassurer quant au respect des intérêts stratégiques français.
Perspectives et interrogations persistantes
Certes, la cession semble désormais balisée. Pourtant, dans un contexte où les transferts d’actifs industriels vers des groupes étrangers suscitent toujours un léger malaise, difficile d’écarter toutes les interrogations. La vigilance autour des technologies sensibles demeure une constante du débat public – mais pour cette fois, les autorités françaises affirment avoir verrouillé leur position sans ambiguïté.
