Airbus envisagerait de développer un nouvel avion de combat sous sa propre bannière

Image d'illustration. Vue de l airbus décollant contre un ciel bleu clairADN
Le constructeur aéronautique européen Airbus envisagerait de franchir une nouvelle étape stratégique en développant son propre avion de combat, marquant ainsi une évolution majeure dans l'industrie de la défense et du secteur aéronautique militaire en Europe.
Tl;dr
- Le projet franco-allemand d’avion de combat est en difficulté.
- Airbus se dit prêt à avancer sans Dassault.
- Deux avions distincts pourraient voir le jour pour chaque armée.
Un projet commun en perte de vitesse
Alors que le développement du futur avion de combat européen semblait incarner l’ambition industrielle du continent, la réalité s’avère plus compliquée. Six ans après son lancement par Emmanuel Macron et l’ancienne chancelière Angela Merkel, le système de combat aérien du futur – ou SCAF – piétine. Initialement imaginé comme un programme phare réunissant la France, l’Allemagne et plus tard l’Espagne, il visait à constituer la colonne vertébrale des forces aériennes dès les années 2040. Mais aujourd’hui, le partenariat vacille, notamment à cause des désaccords persistants entre les industriels impliqués.
Tensions entre industriels : le point de rupture
Au cœur de ces tensions, la position ferme de Dassault Aviation. Désigné maître d’œuvre industriel par les trois États, l’avionneur français revendique une autonomie accrue dans la conduite du projet. Ce choix agace profondément ses partenaires allemands et espagnols – représentés par Airbus. Selon une source industrielle allemande, cette situation compromet sérieusement la dynamique collective. D’ailleurs, face à ces blocages, Airbus n’exclut plus de concevoir en solo son propre avion de combat. L’idée circule même d’un rapprochement avec le suédois SAAB, partenaire potentiel bénéficiant d’une relation privilégiée avec l’industriel allemand.
L’hypothèse des deux avions refait surface
Face à ces impasses, la piste d’une solution dissociée ressurgit : deux avions distincts pour répondre aux spécificités nationales. Militairement, ce scénario aurait du sens : là où l’armée de l’air française exige un appareil capable d’opérations sur porte-avions ou apte à transporter des armes nucléaires, la Luftwaffe, elle, privilégie un vecteur dédié à la défense aérienne. Une source allemande résume ainsi : « Ce ne serait pas la fin du monde si on aboutissait à deux avions. » Un choix qui renforcerait même la résilience du programme selon ses partisans.
Des alternatives limitées pour Airbus
Quant aux options stratégiques sur le plan international, elles restent restreintes. Un rapprochement avec le programme concurrent GCAP – porté par l’Italie, le Royaume-Uni et le Japon – paraît peu réaliste pour Airbus. Comme le confie une source proche du dossier : « Arriver tard n’est jamais bon. » Dans ce contexte tendu et fragmenté, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer quelle forme prendra réellement le futur ciel européen.
