Après le succès des tests Covid, comment trouver une nouvelle voie d’innovation ?

Image d'illustration. Covid masqueADN
Après avoir connu un succès fulgurant grâce à la production de tests Covid, de nombreuses entreprises du secteur cherchent aujourd’hui de nouvelles stratégies pour poursuivre leur croissance et s’adapter à un marché en pleine mutation.
Tl;dr
- NG Biotech a explosé pendant la crise Covid-19.
- Après la pandémie, l’entreprise a dû se réinventer.
- Elle mise désormais sur le diagnostic rapide d’antibiorésistance.
Des débuts paisibles avant la tempête sanitaire
Au départ, rien ne prédestinait NG Biotech, petite société installée à deux pas de la quatre voies Rennes-Redon, à vivre une telle aventure. Fondée en 2012 par Milovan Stankov-Pugès père, pionnier des tests de grossesse accessibles au grand public, l’entreprise bretonne affichait une croissance régulière. Avec son fils, également prénommé Milovan, il avait bâti un modèle modeste mais solide : en 2020, le chiffre d’affaires atteignait tranquillement les 3 millions d’euros.
L’explosion fulgurante avec la pandémie de Covid-19
Tout bascule en 2021. La demande pour les tests de dépistage explose, propulsant soudainement NG Biotech sous le feu des projecteurs. En quelques mois seulement, l’entreprise multiplie par quinze son chiffre d’affaires grâce à ses premiers tests sérologiques du Covid-19. L’effervescence règne dans les locaux bretons alors que le reste du pays vit confiné. « C’était une période folle. Je me souviens du décalage qu’il y avait entre la France qui était confinée et l’effervescence qu’il y avait ici », confie Arnaud Chalin, directeur R&D.
La croissance s’accompagne d’une vague de recrutements impressionnante : la société passe de 30 à 250 salariés en moins de deux ans et inaugure un nouveau site de fabrication capable de produire cinq millions de tests par mois. Mais cette ascension vertigineuse s’interrompt brutalement avec l’essoufflement de l’épidémie.
Difficile atterrissage post-crise et réinvention stratégique
Lorsque la demande chute presque du jour au lendemain, le choc est rude : « D’un coup, la demande s’est arrêtée… Le peu qu’il restait, ce sont des entreprises chinoises qui le prenaient avec des prix imbattables », raconte Milovan Stankov-Pugès fils. Forcé de réduire drastiquement ses effectifs — moins de 40 salariés aujourd’hui — il avoue : « C’était très difficile de voir les gens partir. »
Pourtant, loin d’abandonner, NG Biotech rebondit vers un nouveau créneau : le diagnostic rapide pour l’antibiorésistance, enjeu majeur de santé publique. Aujourd’hui, ces nouveaux tests représentent 80 % du chiffre d’affaires. Leur particularité ? Pas besoin d’équipement sophistiqué ni de formation spécifique : ils permettent aux hôpitaux – partenaires comme les Hôpitaux de Paris ou le CEA – d’administrer rapidement le bon antibiotique.
Nouveaux défis et ambitions assumées
Dernièrement, l’entreprise a inauguré une extension qui porte ses locaux à 3 500 m² — un espace largement surdimensionné face à sa production actuelle (environ 1,5 million de tests par an). Entre tests rapides pour l’antibiorésistance et nouveaux produits comme ceux destinés à détecter la variole du singe ou reposant sur une simple goutte de sang pour le diagnostic grossesse, une cinquantaine de salariés prépare activement l’avenir.
En filigrane, une certitude demeure chez NG Biotech : face à un monde imprévisible où tout peut basculer très vite, il vaut mieux être prêt pour la prochaine crise sanitaire.
