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BP : le président remercié suite à d’importantes inquiétudes internes

Actualité > Entreprise
Par Germain Montor,  publié le 28 mai 2026 à 8h00.
Barils de pétrole au crépuscule

Image d'illustration. Barils de pétrole au crépusculeADN

Le groupe pétrolier BP a annoncé le départ immédiat de son président, suite à l’émergence de sérieux motifs d’inquiétude au sein de la direction. Cette décision marque un tournant inattendu pour l’entreprise énergétique britannique.

Tl;dr

  • BP limoge Albert Manifold pour problèmes de gouvernance.
  • La nouvelle direction affronte défi actionnarial et pertes financières.
  • Le titre BP chute fortement en Bourse après l’annonce.

Une crise à la tête de BP

En début de semaine, un coup de tonnerre a secoué le groupe pétrolier britannique BP. Le conseil d’administration a choisi, à l’unanimité, de se séparer « avec effet immédiat » d’Albert Manifold, invoquant des « graves préoccupations » concernant la gouvernance et la « conduite » du dirigeant. Comme l’a résumé l’administratrice Amanda Blanc, le conseil s’est dit « surpris et déçu d’apprendre l’existence de problèmes de supervision en matière de gouvernance et de conduite qu’il juge inacceptables, et il a pris des mesures décisives ». Pourtant, aucune précision supplémentaire sur les faits reprochés n’a filtré.

Un climat tendu depuis plusieurs mois

L’éviction d’Albert Manifold, âgé de 63 ans, intervient moins d’un an après sa nomination à la présidence du conseil. Il avait succédé en octobre dernier au Norvégien Helge Lund, dans une phase déjà tourmentée pour le groupe. Cet ancien directeur général du géant irlandais des matériaux de construction CRH, qui avait dirigé ce dernier pendant dix ans, n’avait pas vraiment réussi à rassembler autour de lui. En témoigne ce rappel cinglant : lors du vote sur sa nomination au printemps, plus de 18 % des actionnaires s’y étaient opposés – un signal rare à ce niveau.

Bascule stratégique et revers boursier

C’est dans cette atmosphère instable qu’a été nommée début avril une nouvelle directrice générale, l’Américaine Meg O’Neill. Elle hérite d’une entreprise sous pression : tentatives avortées de virage vert, résultats financiers en berne (le bénéfice annuel s’est effondré de 86 % en 2025), et actionnaires vent debout lors de la dernière assemblée générale contre un recul perçu sur la transparence climatique. Dès son arrivée, elle doit donc composer avec :

  • La défiance croissante des investisseurs sur la stratégie environnementale ;
  • L’urgence d’un plan de redressement face à des concurrents plus performants ;
  • L’instabilité managériale persistante.

L’action BP sous pression immédiate

Sans surprise, ces turbulences ont fait plonger le titre en Bourse : plus de 6 % perdus à la mi-journée et près de 10 % juste après l’annonce du départ d’Albert Manifold. Face à cette situation inédite, c’est l’administrateur Ian Tyler qui assurera l’intérim jusqu’à ce qu’un nouveau président soit désigné. Reste à voir si cette valse managériale permettra enfin à BP de retrouver une stabilité attendue par ses actionnaires.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Une crise à la tête de BP
  • Un climat tendu depuis plusieurs mois
  • Bascule stratégique et revers boursier
  • L’action BP sous pression immédiate
En savoir plus
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