Quatre groupes, dont Le Figaro et Prisma Media, obtiennent 126 millions d’euros face à Google. Le jugement renforce une série de décisions déjà lourdes.
En bref
- 126 millions d’euros pour quatre groupes médias
- Google conteste encore le jugement
- La série de sanctions s’allonge
Entre les 570 millions d’euros réclamés au départ et les 126 millions finalement accordés, l’écart est large. Mais pour les groupes de presse concernés, le signal judiciaire compte presque autant que le chèque.
Un gain loin des demandes, mais loin d’être symbolique
Lundi, le Tribunal des activités économiques de Paris a condamné Google à verser des dommages et intérêts à quatre acteurs des médias et de la vidéo en ligne. Prisma Media obtient 61 millions d’euros, Dailymotion 27,5 millions, Le Figaro 26 millions et Les Echos-Le Parisien 11,5 millions.
Dit autrement, les plaignants récupèrent un peu plus d’un cinquième des sommes qu’ils visaient ensemble. Pas de quoi parler de jackpot. Mais clairement, pour des groupes qui attaquaient les pratiques publicitaires d’un géant mondial, la décision pèse.
Google conteste, les médias voient une jurisprudence
Du côté de Google, rien n’est tranché sur un éventuel appel. Son porte-parole a indiqué à AFP que l’entreprise contestait ces décisions et jugeait que les demandes reposaient sur une lecture erronée du marché de l’adtech, décrit comme très concurrentiel et en évolution rapide.
En face, le ton n’est pas le même. Marc Feuillée, directeur général du groupe Le Figaro, a estimé auprès de mind Media qu’après d’autres jugements favorables à Rossel, L’Equipe et M6, une jurisprudence était désormais installée.
Et ce point compte. Dans ce dossier, il est reproché à Google d’avoir avantagé sa propre plateforme de vente de publicité en ligne au moment d’attribuer des espaces publicitaires, au détriment de concurrentes.
Une affaire qui s’ajoute à des sanctions déjà massives
Ce jugement n’arrive pas seul. En mars, M6 avait déjà obtenu près de 23 millions d’euros pour les mêmes griefs.
Avant cela, l’Autorité de la concurrence avait sanctionné Google à hauteur de 220 millions d’euros en juin 2021. Puis la Commission européenne a infligé en septembre dernier une amende de 2,95 milliards d’euros.
Pour vous, ça ne change pas le prix d’un abonnement demain matin. Mais pour l’économie des médias, oui. Quand plusieurs décisions convergent sur les mêmes pratiques, le rapport de force bouge un peu, et pas seulement dans les tribunaux. Cela touche aussi la façon dont la publicité en ligne, donc une part du financement de l’information, peut être partagée entre plateformes et éditeurs.