La justice s’est prononcée : « Baby Shark », tube obsédant, accusé de plagiat

Image d'illustration. Baby SharkPinkFong / PR-ADN
Accusée de plagiat par une société américaine, la chanson pour enfants "Baby Shark", connue pour son refrain accrocheur, a récemment fait l’objet d’un procès. Les tribunaux viennent de rendre leur verdict dans cette affaire médiatisée.
Tl;dr
- La Cour suprême sud-coréenne rejette l’accusation de plagiat.
- « Baby Shark » reste la vidéo la plus vue sur YouTube.
- L’auteur américain réclamait 18 500 euros d’indemnités.
Un tube planétaire devant la justice
Il suffit d’entendre le titre pour que l’air vous trotte en tête. En quelques années, « Baby Shark » s’est imposée comme un véritable phénomène mondial, s’offrant même le luxe de devenir la vidéo la plus regardée sur YouTube, avec plus de 16 milliards de vues à ce jour. Son refrain entêtant, « Baby Shark doo doo doo », a traversé les frontières, mais il aura aussi conduit la chanson jusque dans les couloirs feutrés de la justice sud-coréenne.
Plagiat ou adaptation ?
Tout commence en 2019 lorsque le compositeur new-yorkais Johnny Only engage une procédure contre la startup éducative sud-coréenne alors appelée SmartStudy, désormais rebaptisée The Pinkfong Company. Selon lui, l’entreprise aurait repris des éléments essentiels – notamment la ligne de basse et le rythme – d’une version qu’il avait lui-même publiée en 2011. Il réclame alors 30 millions de wons (soit environ 18 500 euros) pour avoir, selon ses dires, été copié. La société sud-coréenne se défend en affirmant qu’il ne s’agit que d’une adaptation moderne d’une comptine traditionnelle nord-américaine, tombée depuis longtemps dans le domaine public.
L’épilogue judiciaire
Dès 2021, un premier tribunal sud-coréen déboute Johnny Only. Une décision confirmée deux ans plus tard par une cour d’appel et désormais validée, ce jeudi 14 août 2025, par la Cour suprême de Corée du Sud. Pour les magistrats, « Baby Shark » ne peut être considérée comme un plagiat : les ressemblances relèveraient du registre commun des chansons enfantines, non protégées par le droit d’auteur.
En réaction à cette série de jugements défavorables, le compositeur américain a fait valoir lors d’un entretien accordé à la télévision canadienne CBC qu’il avait été « le premier à adapter cette chanson pour les tout-petits », regrettant que la version de Pinkfong suive « exactement la même démarche ». Ni lui ni The Pinkfong Company, sollicités par l’AFP, n’ont souhaité commenter davantage ce dénouement.
Une affaire révélatrice des enjeux actuels du droit d’auteur
Cette bataille judiciaire met en lumière les difficultés inhérentes à la protection des œuvres issues du folklore ou du répertoire collectif. Quelques points ressortent particulièrement :
- Droit d’auteur international complexe : adapter une œuvre traditionnelle expose à des controverses juridiques imprévues.
- Médiatisation virale : le succès planétaire peut amplifier toute contestation autour d’un contenu.
« Baby Shark » conserve son trône sur Internet… sans tache sur sa réputation juridique.
