Le contrôle de la vitesse des 50 cm3 : une polémique qui fait beaucoup parler

Scooter vif devant fresque colorée
Image d'illustration. Scooter vif devant fresque colorée — ADN

Le projet d’instaurer un contrôle technique axé sur la vitesse pour les scooters 50 cm3 suscite de nombreux débats. Plusieurs acteurs du secteur estiment que cette mesure, très discutée, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de solutions concrètes.

  • Contrôle technique impose limite de 45 km/h aux 50 cm³.
  • Peu de propriétaires débridés se conforment à la norme.
  • Équipements coûteux et scepticisme chez les professionnels.

Un contrôle technique sous tension pour les deux-roues

Depuis le 1er mars, la réglementation a changé pour les propriétaires de scooters et cyclomoteurs de 50 cm³. Désormais, chaque véhicule de cette catégorie doit passer un contrôle technique, dont l’objectif central est d’empêcher toute tentative de débridage permettant d’atteindre une vitesse supérieure à la limite autorisée de 45 km/h. Or, dans la pratique, l’application de cette nouvelle exigence semble laisser de nombreux professionnels du secteur dubitatifs.

Professionnels sceptiques face à la mesure

Si l’on interroge des réparateurs comme Eric, du garage Jym-Racing 67 à Hœnheim (Alsace), un constat s’impose : « Depuis le contrôle technique [de 2024], j’ai plus de clients qui sont venus rebrider leur scooter ». Cependant, ces clients restent une minorité. Dans d’autres régions, le phénomène n’est même pas visible. Un professionnel près de Saint-Raphaël précise : « On ne les voit pas ». Il ajoute : « Moi, Je ne fais que les scooters qui sont susceptibles d’avoir des pièces d’origine, ceux de mes papis… Je suis contre le débridage, c’est trop dangereux ». À ses yeux, peu de jeunes concernés semblent motivés par l’idée de se mettre en conformité : « les contrôles techniques, ils s’en foutent… il n’y en a aucun qui le passe ».

Lourdeur administrative et coût des équipements

L’introduction du contrôle technique sur ce segment suscite aussi des inquiétudes du côté des centres spécialisés. Pour contrôler efficacement la vitesse réelle des deux-roues, il faut désormais investir dans un équipement spécifique : le céléromètre, dont le prix peut dépasser les 5 000 euros. Un investissement jugé disproportionné au regard du faible volume de véhicules concernés et des marges déjà serrées. Comme le résume Laurent Palmier, dirigeant de Sécuritest, cité dans Challenges en 2025, « la viabilité économique des contrôles motos reste incertaine avec ces coûts élevés ».

Détachement généralisé chez les usagers concernés

Sur le terrain, certains réparateurs évoquent un autre frein : l’absence totale d’intérêt des conducteurs pour cette nouvelle réglementation. À Aubagne (Bouches-du-Rhône) ou ailleurs, personne ne se précipite pour remettre son engin en conformité. Comme le note l’un d’eux non sans ironie : « Avec l’actualité, ils doivent penser plus à mettre de l’essence qu’à passer le contrôle technique ».

Pour rappel : si un scooter ou cyclomoteur dépasse la limite lors du passage au céléromètre, il écopera d’un contrôle défavorable et devra subir une contre-visite après remise aux normes sous peine d’amende forfaitaire (135 euros). Pour l’heure toutefois, cette mesure apparaît surtout comme un signal politique plutôt qu’une réalité vécue dans les garages français.