L’essence atteint son niveau le plus bas depuis plus de trois ans

Image d'illustration. Pompe à essenceADN
Après plusieurs années de hausses successives, les automobilistes constatent une nette accalmie à la pompe : le coût du litre d’essence atteint aujourd’hui un niveau inédit, affichant son tarif le plus bas depuis plus de trois ans.
Tl;dr
- Prix des carburants au plus bas depuis trois ans.
- Baisse liée au recul du baril et à l’euro fort.
- Hausse de 4 à 6 centimes attendue début janvier.
Des carburants à la pompe, à un niveau plancher
La semaine dernière, les automobilistes français ont pu souffler : les prix des carburants ont touché un creux inédit depuis plus de trois ans, selon les chiffres du gouvernement. Ainsi, le litre de super SP95-E10 – essence la plus consommée – s’affichait à 1,5992 euro en moyenne le 19 décembre, son tarif le plus faible depuis octobre 2022. Même constat pour les autres essences courantes, SP95 et SP98. Mais c’est surtout sur le gazole, qui pèse près de 65 % des ventes, que la baisse frappe : il valait en moyenne 1,5299 euro, un niveau seulement effleuré lors une chute ponctuelle en avril dernier.
Une conjonction de facteurs internationaux et monétaires
Derrière ce reflux prononcé se cachent plusieurs moteurs. Pour Francis Pousse, président des stations-service et énergies nouvelles au sein de l’organisation professionnelle Mobilians, la raison principale reste « la baisse des cours du pétrole autour de 60 dollars le baril ». L’accroissement de la production par l’OPEP et ses alliés, conjugué aux incertitudes sur la demande mondiale, pèsent lourdement sur le marché. À ce contexte s’ajoute une évolution favorable du taux de change : « L’euro s’est raffermi face au dollar », poursuit Francis Pousse. Cette configuration atténue mécaniquement la facture d’importation pour les distributeurs européens.
Autre élément non négligeable : juste avant les départs massifs pour Noël, certains distributeurs – particulièrement dans la grande distribution – ont lancé des opérations commerciales particulièrement offensives sur les prix à la pompe. Olivier Gantois, directeur général de l’Union française des industries pétrolières, note d’ailleurs que « plusieurs enseignes n’ont pas hésité à rogner leur marge ces dernières semaines ».
L’horizon s’assombrit dès janvier
Toutefois, cette embellie ne devrait guère durer. Les principaux pétroliers français alertent déjà : une hausse située entre 4 et 6 centimes par litre interviendra dès le 1er janvier. En cause ? L’ajustement du dispositif national des certificats d’économie d’énergie (CEE). Ce mécanisme impose depuis 2005 aux fournisseurs d’énergie de financer des actions en faveur de l’efficacité énergétique — obligation renforcée par les pouvoirs publics dès le passage à la nouvelle année.
Pour mieux comprendre l’impact attendu sur le portefeuille des automobilistes :
- Nouvelles exigences environnementales imposées aux énergéticiens ;
- Répercussion progressive prévue durant les deux premières semaines de janvier ;
- Un retour probable à des niveaux supérieurs malgré la récente accalmie.
Si la trêve hivernale a permis aux Français d’alléger momentanément leur budget transport, elle pourrait bien laisser place à une reprise modérée, mais certaine dès ce début d’année.
