L’Union européenne envisage une taxe de 2 euros par petit colis importé

Image d'illustration. Drapeau union europeenneADN
La Commission européenne envisage d’instaurer une taxe fixe de 2 euros sur chaque colis importé dans l’Union européenne, une mesure qui toucherait principalement les achats effectués en ligne auprès de plateformes situées hors du continent.
Tl;dr
- Un frais de 2 € proposé sur chaque petit colis importé.
- 4,6 milliards de colis concernés, majoritairement en provenance de Chine.
- Objectifs : renforcer contrôles douaniers et réduire concurrence déloyale.
Une nouvelle charge sur les petits colis venus d’Asie
Face à l’essor fulgurant des commandes en ligne internationales, la Commission européenne envisage une mesure inédite : instaurer un frais fixe de deux euros sur chaque petit colis entrant dans l’Union européenne. Cette proposition, défendue par le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, vise principalement les paquets dont la valeur ne dépasse pas 150 euros – un seuil jusqu’ici exempté de taxes douanières. Les plateformes, à l’instar de Shein ou Temu, seraient directement redevables du paiement.
L’Europe submergée par un flot de petits paquets
Jamais les volumes n’avaient atteint de tels sommets : en 2024, quelque 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros ont été expédiés vers le marché européen, selon les chiffres cités par la Commission. Cela représente plus de 145 paquets… chaque seconde. Le phénomène est largement dominé par la Chine, qui représente à elle seule 91 % des envois. Rien qu’en France, ce sont 800 millions de petits paquets qui ont franchi les frontières en une année.
Le constat est sans appel pour les douanes européennes : leurs services se retrouvent submergés face à cet afflux continu. D’ailleurs, ces flux pourraient encore s’intensifier alors que les États-Unis renforcent leurs propres barrières tarifaires à l’égard des produits chinois.
Des objectifs multiples pour Bruxelles
Ce nouveau frais ne se veut pas une « taxe », insiste le commissaire Sefcovic, mais plutôt une compensation destinée à financer les lourds contrôles douaniers nécessaires. « C’est pourquoi je ne qualifierais pas ces frais de gestion comme une taxe, mais simplement comme une façon de compenser leur coût », a-t-il précisé devant le Parlement européen. Concrètement, la somme récoltée pourrait aussi contribuer au budget général de l’UE.
Mais cette initiative répond à plusieurs préoccupations :
- Sécurité sanitaire et risque d’importation de « produits dangereux ».
- Lutte contre l’impact environnemental lié aux transports massifs.
- Soutien aux commerçants européens exposés à une concurrence jugée déloyale.
Diverses pistes évoquées pour rétablir l’équilibre commercial
Début 2024 déjà, Bruxelles avait appelé à supprimer l’exonération douanière accordée depuis plus d’une décennie aux petites importations. Si cette demande fait écho aux attentes portées notamment par la France – qui plaidait dès avril pour une telle mesure –, elle révèle aussi la volonté européenne d’adapter sa réglementation aux nouvelles réalités du e-commerce mondial.
Reste désormais à savoir comment cette proposition sera accueillie par les États membres et les principales plateformes concernées. La question du contrôle effectif et du partage des recettes s’annonce déjà comme un point crucial des débats à venir.
