Résidences secondaires : les trois régions où la taxe d’habitation a le plus flambé

Image d'illustration. Modèle de maison avec cléADN
La taxe d'habitation sur les résidences secondaires connaît de fortes hausses dans certaines régions françaises. Découvrez quelles sont les trois zones du pays où cet impôt a le plus grimpé ces dernières années, selon les données récentes.
Tl;dr
- Majorations de taxe d’habitation en forte hausse en 2025.
- Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Pays-de-la-Loire : régions les plus concernées.
- Objectif : libérer des logements pour les résidents permanents.
Un paysage fiscal en mutation
Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale en 2023, l’attention se porte désormais sur les propriétaires de résidences secondaires. Chaque automne, dès le début novembre, l’avis d’imposition tombe pour ces derniers — notamment ceux qui ne sont pas mensualisés. Cette année encore, le dispositif connaît une évolution marquante : près de 1 628 communes, soit 44 % des villes situées en zones tendues, ont choisi d’activer ou d’augmenter la majoration applicable à cette taxe. Selon la Direction générale des finances publiques, la tendance est nette : c’est quatre points de plus qu’en 2024.
L’ouest et le sud dominent le classement
Parmi les régions les plus offensives sur ce levier fiscal, on retrouve sans surprise la Bretagne. Pas moins de 82,7 % de ses communes dites « tendues » appliquent désormais une surtaxe sur les résidences secondaires — une proportion record au niveau national. Sur ces territoires prisés pour leur littoral ou leur attractivité touristique, l’objectif affiché par nombre de municipalités bretonnes est limpide : tenter de réguler un marché immobilier devenu inaccessible pour beaucoup de locaux.
Juste derrière, la Nouvelle-Aquitaine se démarque avec 67,1 % de ses communes concernées ayant instauré cette majoration. La Côte atlantique — du bassin d’Arcachon jusqu’à l’île de Ré en passant par Biarritz — concentre ainsi une part importante des hausses notables. Les Pays-de-la-Loire complètent le podium (63,9 %), portés par des stations balnéaires très recherchées comme celles de Vendée ou Loire-Atlantique.
Si l’on élargit la focale à l’ensemble du territoire métropolitain, on constate que plusieurs régions du sud affichent aussi un taux supérieur à la moyenne nationale : Occitanie (51,4 %), Provence-Alpes-Côte-d’Azur (50,4 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (49,5 %).
Des taux records et une volonté politique affirmée
En moyenne, la majoration atteint désormais 41,4 %, contre 40 % un an auparavant — mais ce chiffre grimpe à plus de 49 % dans certaines régions. Fait marquant cette année : dans 656 communes (à commencer par La Rochelle), le taux maximal autorisé par la loi — soit 60 % — a été décidé. Selon les propos recueillis par Capital auprès des élus locaux, cette stratégie vise clairement à décourager la rétention spéculative des logements et à favoriser leur mise sur le marché principal.
Voici quelques objectifs poursuivis :
- Dissuader l’achat spéculatif et les vacances prolongées.
- Soutenir le logement des jeunes actifs ou familles locales.
- Tenter d’équilibrer le marché immobilier local.
L’arme fiscale au service du logement permanent
Pour l’association Intercommunalités de France, « l’intérêt porté par les communes à cet outil fiscal au service de leurs politiques de l’habitat » ne fait que croître. Dans bien des villes touristiques où il devient difficile pour les habitants permanents de se loger dignement, la surtaxe s’affiche comme un levier incitatif pour transformer ces résidences secondaires en habitations principales. Une orientation que certaines collectivités choisissent même d’accentuer davantage : citons par exemple une commune mosellane où la taxe serait désormais triplée.
Loin d’être anodine, cette évolution traduit un basculement progressif vers une fiscalité du logement pensée comme outil politique autant qu’économique.
