Selon l’Insee, l’écart salarial femmes-hommes atteint encore 21,8 % en défaveur des femmes

Image d'illustration. Image montrant des salaires contrastés entre deux employésADN
Selon les dernières données de l’Insee, l’écart salarial entre les femmes et les hommes persiste en France : en moyenne, les femmes perçoivent un revenu brut horaire inférieur de 21,8 % à celui de leurs collègues masculins.
Tl;dr
- L’écart salarial femmes-hommes se réduit trop lentement.
- La ségrégation professionnelle reste la principale cause.
- Transposition imminente de la directive européenne sur la transparence.
Un ralentissement marqué dans la réduction des écarts
Alors que l’espoir d’une égalité salariale réelle persiste, la France observe un net coup de frein dans la diminution des différences de rémunération entre femmes et hommes. Selon les données récemment publiées par l’Insee pour 2024, le revenu moyen annuel des femmes travaillant dans le secteur privé s’élève à seulement 22 060 euros, contre 28 220 euros pour leurs collègues masculins. Résultat : un écart de plus de 6 000 euros, soit 21,8 % de moins pour les femmes. Sur une année, ce différentiel n’a diminué que de 0,4 point – bien loin des 0,9 point enregistrés en moyenne entre 2019 et 2023.
Des causes structurelles toujours prégnantes
Ce fossé persistant trouve sa source dans plusieurs réalités du marché du travail. Premièrement, le volume annuel de travail demeure inférieur de 9,1 % chez les femmes comparé aux hommes. De plus, alors que les femmes représentent aujourd’hui 42 % des équivalents temps plein du secteur privé, elles n’occupent qu’à peine 1 % des postes les mieux rémunérés – reflet d’une véritable ségrégation professionnelle. L’institut insiste : même à temps de travail équivalent, l’écart subsiste à hauteur de 14 %. À emploi comparable ? Il tombe à 3,6 %. Les disparités diffèrent fortement selon le statut professionnel : ainsi, il atteint encore 20 % chez les ouvriers, mais se réduit à 4,3 % parmi les cadres.
L’âge et l’accès au marché du travail en question
Autre constat frappant : l’amplitude des inégalités augmente avec l’âge. Chez les moins de 25 ans – à temps égal –, le différentiel s’établit à 3,2 %, mais grimpe jusqu’à 24,1 % au-delà de soixante ans. L’Insee, non sans nuances, rappelle que cela s’explique aussi par une arrivée souvent plus tardive des femmes sur le marché du travail, malgré un niveau moyen de diplôme supérieur à celui des hommes.
Syndicats mobilisés avant l’échéance européenne
À quelques semaines seulement du délai fixé au 7 juin pour adapter la législation française à la nouvelle directive européenne sur la transparence salariale, la pression monte sur les employeurs et décideurs publics. Huit organisations syndicales rappellent que « la ségrégation professionnelle est la première cause de ces inégalités sociales » et réclament une reconnaissance accrue du travail féminin ainsi qu’une révision profonde des grilles salariales actuelles jugées souvent biaisées.
Si le rythme actuel se maintenait, il faudrait encore plus d’un demi-siècle pour parvenir enfin à l’égalité salariale effective en France…
