Dans les banques, les rares dirigeantes féminines touchent toujours moins que leurs homologues masculins

Image d'illustration. Réunion travail affaireADN
Dans le secteur bancaire, la parité salariale reste un défi : les postes de direction sont majoritairement occupés par des hommes, qui bénéficient encore de rémunérations supérieures à celles de leurs homologues féminines, nettement moins nombreuses.
Tl;dr
- Écarts salariaux persistants entre hommes et femmes dirigeants.
- Sous-représentation féminine dans les comités exécutifs bancaires.
- L’ABE appelle à des mesures correctives ciblées.
Des écarts de salaires persistants au sommet de la finance européenne
Les conclusions de la dernière enquête menée par l’Autorité bancaire européenne (ABE) viennent apporter un éclairage, pour le moins préoccupant, sur la situation actuelle des banques et fonds d’investissement européens. L’étude, couvrant plus de 700 établissements financiers ainsi que plus de 160 fonds d’investissement jusqu’en 2024, relève une disparité notable : au sein des comités de direction, les hommes bénéficient d’une rémunération moyenne supérieure de 10 % à celle de leurs homologues féminines. Une inégalité qui met en exergue, selon l’ABE, les limites dans l’application réelle des politiques dites non discriminatoires.
Une présence féminine toujours marginale
Au-delà des écarts salariaux, c’est aussi la question de la représentation qui interpelle. Selon les données recueillies, près de la moitié des institutions n’intègrent aucune femme dans leurs comités exécutifs. Ce constat se durcit parmi les grandes institutions financières où seuls un tiers des établissements affichent au moins une femme à ces postes stratégiques. En France notamment, le retard est criant : si le groupe BPCE compte deux femmes parmi ses quatre principaux dirigeants, aucune femme n’occupe actuellement l’un des six sièges du comité exécutif chez BNP Paribas. À ce jour, aucune grande banque française n’a encore confié sa direction à une femme alors qu’elles composent majoritairement les effectifs bancaires — une proportion qui s’effrite cependant à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie.
Poches d’inégalités dans les hauts revenus
L’écart ne s’arrête pas là. La semaine dernière déjà, une autre publication de l’ABE soulignait que parmi les banquiers européens ayant touché au moins un million d’euros en 2024 — ils sont désormais 2 266 à franchir ce seuil record — neuf sur dix étaient des hommes. Malgré quelques progrès observés lors des recrutements récents, ces évolutions restent insuffisantes pour inverser la tendance et favoriser une véritable égalité au sommet.
L’appel pressant à l’action et à la diversité
Face à ces constats, l’ABE insiste sur la nécessité d’adopter « des mesures correctives ciblées et adaptées à chaque établissement afin de corriger ces écarts injustifiés ». Parmi ses recommandations figurent :
- Mise en place active de politiques en faveur de la diversité ;
- Sensibilisation accrue aux risques réglementaires et réputationnels encourus par l’absence d’équilibre ;
- Pilotage engagé pour promouvoir une gouvernance équilibrée.
Le rappel est clair : près d’un établissement sur cinq ignore encore toute politique dédiée à la diversité, un choix risqué tant sur le plan réglementaire qu’en termes d’image. La diversité demeure un facteur essentiel pour assurer une gouvernance efficace et éclairée.
