Amélie de Montchalin suggère d’éliminer 50 avantages fiscaux pour réformer la fiscalité

Image d'illustration. Balance de la justice fiscaleADN
Amélie de Montchalin envisage d’alléger le système fiscal français en éliminant cinquante dispositifs d’exonérations ou d’avantages fiscaux. Cette proposition vise à simplifier la fiscalité et à rationaliser les dépenses publiques, dans un contexte de recherche d’économies.
Tl;dr
- Suppression envisagée de 50 niches fiscales jugées inefficaces.
- Débat ouvert sur l’équité fiscale et les économies nécessaires.
- Les ménages aisés et grandes entreprises ciblés par la réforme.
Des économies à trouver, un budget sous pression
Face à une équation budgétaire particulièrement serrée, le gouvernement se penche sur le vaste sujet des niches fiscales. Avec pas moins de 474 dispositifs recensés en France – dont certains en voie de disparition – leur coût total s’élève à près de 85,1 milliards d’euros, selon les chiffres du « tome II des voies et moyens » annexé au projet de loi de finances 2025. Un montant considérable alors que l’exécutif cherche, bon an mal an, à dégager environ 40 milliards d’euros d’économies.
Un appel au compromis avant le vote crucial
Dans un contexte où chaque décision peut faire basculer l’équilibre politique, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a choisi d’avancer avec prudence. Interrogée sur BFMTV, elle tend la main aux parlementaires : « C’est une proposition qu’on va faire aux parlementaires, de supprimer 50 niches fiscales évaluées comme obsolètes ou inefficaces », déclare-t-elle. Les mesures précises restent pour l’instant confidentielles, mais l’enjeu est clairement affiché : ouvrir un dialogue sans brutaliser ce qui fonctionne déjà.
Négocier sans fragiliser les plus vulnérables
Forte d’une expérience déjà éprouvée sur ce dossier, Amélie de Montchalin nuance ses intentions : certaines mesures resteront intouchées. Ainsi précise-t-elle : « J’ai toujours dit en ce qui concerne les gardes d’enfant, les personnes âgées à domicile, les personnes handicapées, je ne souhaite pas que nous touchions à ce qui fonctionne. Inversement, il y a des débats qu’on peut ouvrir, mais ayons la culture de la négociation ». Autrement dit : protection des dispositifs plébiscités par les familles et ouverture sur le reste.
Ménages aisés et grandes entreprises dans le viseur
La question de l’équité fiscale revient inévitablement sur la table. Mardi encore, François Bayrou s’est fait l’écho d’une volonté d’effort particulier pour les foyers les plus fortunés et ceux adeptes de « l’optimisation fiscale ». Sur ce terrain sensible :
- Suppression ciblée des niches profitant aux ménages aisés.
- Lutte contre la suroptimisation fiscale.
- Négociations transpartisanes sur certaines taxes et fraudes.
Une démarche validée par la ministre elle-même : « L’équité fiscale, c’est que chacun contribue à la hauteur de ses moyens ». La perspective reste délicate, entre recherche du consensus et impératif budgétaire, alors que plusieurs partis d’opposition sont déjà associés à certaines mesures – notamment autour de la lutte contre la fraude ou encore sur la taxation des petits colis.
Si le calendrier s’accélère avec le prochain vote de confiance en ligne de mire, une chose demeure : le débat autour des niches fiscales n’a jamais semblé aussi central.
