Coliving, leasing : les nouvelles modes immobilières sont-elles vraiment à suivre ?

Image d'illustration. Un couple découvre sa location aibnb en villeADN
Alors que le coliving et le leasing immobilier séduisent de plus en plus d’investisseurs et d’occupants, ces concepts à la mode comportent aussi leur lot de limites. Analyse des raisons pour lesquelles prudence et discernement restent de mise.
Tl;dr
- Le « coliving » ressemble à la colocation classique.
- Le leasing immobilier reste marginal en France.
- L’immobilier en temps partagé séduit peu les Français.
Des anglicismes qui font débat
Dans le secteur de l’immobilier, les modes se suivent, se ressemblent parfois, et déchaînent régulièrement les conversations. Ces derniers mois, difficile d’échapper à l’émergence de nouveaux termes venus tout droit des pays anglo-saxons. Mais derrière ces appellations modernes, la réalité n’est pas toujours aussi révolutionnaire qu’elle y paraît.
Coliving : un air de déjà-vu
À première vue, le coliving fait beaucoup parler dans les colonnes des médias français. Cette tendance, vantée par certaines sociétés comme Vinci immobilier, promet un mode de vie partagé autour d’espaces communs soigneusement pensés pour la collectivité. Pourtant, nombreux sont ceux qui peinent à y voir autre chose qu’une version revisitée de la bonne vieille colocation. D’ailleurs, pour Yann Jéhanno, président de Laforêt France, il s’agit clairement d’« C’est simplement un mot anglais pour décrire une colocation ». Au sein des 700 agences du réseau, ce phénomène reste quasiment invisible : « Ça touche peut-être quelques Parisiens, mais ce n’est pas un phénomène », nuance-t-il.
Leasing immobilier et temps partagé : concepts confidentiels
Autre anglicisme récemment sur toutes les lèvres : le leasing immobilier. L’idée ? Permettre à des ménages qui n’ont pas accès au crédit classique d’occuper un logement immédiatement, avec la possibilité de l’acheter plus tard. Des entreprises comme Hestia ou Sézame surfent sur cette promesse – « devenir propriétaire même si la banque vous dit non » –, mais l’offre demeure marginale. La plupart des agences traditionnelles ignorent encore totalement ce système qui reste « hors des sentiers battus » et suscite une certaine méfiance chez les acheteurs potentiels.
Si certains concepts paraissent complexes, rien ne vaut parfois un bon exemple pour saisir leur portée. Souvenez-vous de cette scène culte dans « Les Bronzés font du ski » où deux couples se disputent un appartement à Val-d’Isère : il s’agissait là d’immobilier en jouissance à temps partagé. Officiellement reconnu par le ministère de l’Économie – qui lui consacre une page entière sur son site –, ce dispositif permet à plusieurs copropriétaires de profiter chacun leur tour d’un bien durant l’année. Toutefois, cette formule peine à convaincre dans l’Hexagone où le modèle classique de la propriété reste largement privilégié. Comme le souligne Yann Jéhanno : « nous sommes très attachés au principe de propriété immobilière ».
Bilan : innovation ou simple rebranding ?
Si ces nouveaux termes dynamisent le discours sur l’immobilier, ils traduisent souvent davantage une volonté de renouveler l’image du secteur qu’une transformation en profondeur des usages. Entre effet de mode et tentatives timides d’innovation, la prudence reste donc de mise face à ces tendances aux contours flous :
- Coliving : relabeling moderne d’une pratique ancienne.
- Leasing : alternative méconnue et risquée hors cadre bancaire traditionnel.
- Temps partagé : dispositif officiel mais toujours minoritaire.
Derrière les anglicismes clinquants se cache souvent une réalité bien plus nuancée.
