La guerre a-t-elle autant fait grimper le prix des carburants alternatifs que celui des classiques ?

Image d'illustration. Panneau carburants dans une station essenceADN
La guerre a entraîné une forte hausse des prix des carburants traditionnels, suscitant des interrogations sur l’évolution des tarifs des alternatives comme le GPL, le bioéthanol ou le GNV. Leur situation mérite un éclairage précis.
Tl;dr
- Prix des carburants fossiles en forte hausse.
- L’éthanol, GPL et GNV restent stables et abordables.
- L’hydrogène coûteux malgré son indépendance géopolitique.
Explosion des prix à la pompe : les carburants alternatifs en embuscade
Le spectre d’une flambée des prix de l’essence et du diesel s’est une nouvelle fois invité dans le quotidien des automobilistes. Le blocage du détroit d’Ormuz orchestré par l’Iran, dans le contexte tendu du conflit au Moyen-Orient, a bouleversé l’approvisionnement mondial : près de 20 % du pétrole transite par ce passage stratégique. Conséquence directe, la majorité des Français qui dépendent encore des carburants traditionnels découvrent à la pompe un litre flirtant dangereusement avec la barre symbolique des 2 euros, parfois même au-delà.
Bioéthanol, GPL : alternatives plus sereines
Pourtant, tous ne subissent pas cette envolée tarifaire avec la même intensité. Ceux ayant opté pour l’E85 (bioéthanol), le GPL, voire le GNV, voient leur facture rester modérée. Prenons le bioéthanol : affiché en moyenne à 0,80 euro le litre selon Carbu.com, il n’a augmenté que de 4 % sur un mois. L’écart de prix selon les régions demeure notable : de 0,69 euro à Annœullin (Nord) jusqu’à 1 euro à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence). Pour ceux dont les moteurs sont compatibles — véhicules essence modernes ou adaptés — la guerre au Moyen-Orient ne change presque rien.
Même constat pour le GPL : malgré une légère hausse récente (0,8 % en huit jours), le litre s’affiche autour de 0,97 euro en moyenne. Localement, dans les stations du Nord ou de l’Hérault, les tarifs oscillent entre 0,87 et plus de 2 euros ; mais sur un an, on note plutôt une baisse globale.
GNV et hydrogène : entre rareté et coût élevé
Un autre carburant émerge chez les professionnels : le GNV (gaz naturel pour véhicules). Son prix reste stable — légèrement au-dessus d’un euro — mais son usage est restreint : moins de 400 stations équipent aujourd’hui l’ensemble du territoire français.
L’hydrogène, enfin, demeure une option encore très marginale pour les particuliers. Insensible aux secousses géopolitiques qui affectent pétrole et gaz, il se distingue surtout par son coût : entre 10 et 20 euros le kilo selon HRS en 2023 — soit environ une autonomie de 100 km pour une voiture classique. Selon Engie, ce prix devrait rester compris entre 10 et 15 euros jusqu’en 2026. Reste un obstacle majeur : celui du véhicule lui-même dont la facture peut atteindre jusqu’à près de 80 000 euros (pour un Hyundai Nexo). Un pari technologique que peu peuvent se permettre… pour l’instant.
Avenir incertain pour les automobilistes dépendants du pétrole
Aujourd’hui encore, ceux qui roulent exclusivement au sans-plomb ou au diesel n’ont guère d’autre choix que de subir cette volatilité extrême. Si certains bricolent leur vieille R21 diesel pour tenter l’huile de friture — pratique marginale s’il en est — la grande majorité reste captive des fluctuations mondiales du marché pétrolier. Face à ces incertitudes répétées, difficile de ne pas s’interroger sur l’avenir énergétique du parc automobile français.
