La Sécurité sociale menacée par une possible crise de liquidités, prévient la Cour des comptes

Image d'illustration. Médecin généraliste en consultationADN
La Sécurité sociale fait face à des tensions financières préoccupantes, selon la Cour des comptes, qui met en lumière un danger croissant de crise de liquidité susceptible d’affecter la capacité de l’organisme à honorer ses engagements.
Tl;dr
- Déficit de la Sécurité sociale en forte hausse.
- Risque de crise de liquidité dès 2027.
- Financement court terme désormais insuffisant.
Une alerte de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale
Le dernier rapport publié par la Cour des comptes jette une lumière crue sur la situation financière de la Sécurité sociale. Selon l’institution, le système social français se dirige vers une impasse budgétaire aux conséquences potentiellement graves. D’après les conclusions dévoilées ce lundi, la trajectoire financière actuelle serait même « hors de contrôle » et exposerait l’édifice à un risque croissant de « crise de liquidité », susceptible de survenir dès 2027.
Un endettement qui ne trouve plus de solution durable
Jusqu’à récemment, le déficit engendré par la Sécurité sociale pouvait être absorbé grâce à l’intervention de la Cades (caisse d’amortissement de la dette sociale), chargée d’emprunter à moyen et long terme dans des conditions plutôt favorables. Or, cette soupape s’est refermée en 2024 : la Cades a atteint le plafond réglementaire de sa dette. Désormais, c’est l’Acoss, bras armé du financement à court terme, qui doit combler les déséquilibres persistants – mais elle se retrouve contrainte d’opérer sur un marché monétaire dont les capacités pourraient bien être insuffisantes pour répondre à ses besoins futurs.
Des chiffres inquiétants et une gouvernance sous tension
La dégradation se reflète dans les chiffres : pour 2024, le déficit atteint déjà 15,3 milliards d’euros – soit presque 5 milliards au-delà des prévisions initiales. Pire encore, les projections pour 2025 tablent sur un nouveau creusement à 22,1 milliards. La grande majorité (près de 90 %) du déficit provient de la branche maladie, reflet d’un écart persistant entre recettes attendues et dépenses effectives. Face à ces « dérives continues », comme le souligne la Cour, Pierre Moscovici, son président, s’inquiète : « Nous avons perdu le contrôle de nos finances publiques en 2023 et 2024 ».
Voici ce que met en avant le rapport :
- Déséquilibre structurel entre recettes et dépenses sociales.
- Difficultés d’emprunt liées à l’essoufflement des instruments classiques comme la Cades.
- Craintes d’une impasse politique et juridique, car toute prolongation du mécanisme existant supposerait une loi organique difficile à obtenir dans le contexte actuel.
L’avenir du modèle social fragilisé ?
La solution consisterait peut-être à « recharger » une nouvelle fois la Cades, mais cela nécessiterait un consensus politique qui paraît aujourd’hui hors d’atteinte. Comme l’a résumé Pierre Moscovici, évoquant les conditions défavorables actuelles : « La dette fragilise le modèle social, il faut arrêter de prendre ces sujets comme si c’étaient des questions annexes ». Derrière ces mises en garde se profile une question cruciale : quel avenir pour un modèle social dont l’équilibre financier semble chaque jour plus précaire ?
