Le gouvernement envisage une réforme du PMU pour enrayer le déclin des paris hippiques

Image d'illustration. Course hippisme pari hippique hippodrome PMUADN
Alors que les enjeux enregistrés sur les courses de chevaux connaissent un net recul, les autorités envisagent une refonte du modèle du Pari Mutuel Urbain, acteur historique des paris hippiques en France, pour relancer l’activité et soutenir la filière.
Tl;dr
- Baisse continue des paris hippiques en France.
- L’État lance le « Pacte PMU 2030 » pour réformer.
- Nouvelle gouvernance et efforts d’économies exigés.
Un secteur en perte de vitesse
Face à une érosion persistante des mises, la filière hippique française doit désormais se réinventer. Selon le dernier bilan de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), les enjeux chez le PMU ont atteint 6,6 milliards d’euros en 2023, générant un produit brut des jeux de 1,7 milliard – soit une baisse de 2 % sur un an. Les perspectives restent sombres : France Galop signalait déjà, en juin, une nouvelle chute de 4 % depuis le début de l’année.
Pacte PMU 2030 : une réforme de fond
Mercredi, à la lumière d’un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF), le gouvernement a annoncé son intention de transformer durablement la filière via le lancement du « Pacte PMU 2030 ». Un tournant majeur serait d’« rénover la gouvernance » du PMU et d’en faire un Groupement d’intérêt économique commercial (GIE commercial). L’objectif : octroyer à l’opérateur davantage d’autonomie stratégique et lui permettre de constituer des réserves financières – alors qu’aujourd’hui, ses bénéfices nets (8 % des mises) sont intégralement reversés à ses maisons mères, France Galop et la Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français (SETF). Cette réforme vise aussi à renforcer la rentabilité du groupe, comme l’a souligné Bercy.
Sous pression budgétaire et organisationnelle
Le gouvernement exige parallèlement des efforts supplémentaires de la part des sociétés mères. En clair, il est demandé à France Galop et à la SETF non seulement de poursuivre les économies engagées mais aussi d’accélérer la mutualisation de leurs services tout en cherchant activement de nouvelles sources de revenus hors-paris. D’ailleurs, fin mai, France Galop annonçait déjà une réduction progressive de ses charges opérationnelles – moins 20 millions prévus d’ici à 2029 – ainsi qu’une baisse sensible des « encouragements », ces allocations qui irriguent traditionnellement toute la filière.
À ce stade, plusieurs points structurants se dégagent pour piloter cette mutation :
- Nouveau statut juridique pour renforcer l’indépendance du PMU ;
- Mise sous contrôle renforcé par l’État via désignation d’un coordinateur politique ;
- Poursuite et amplification des plans d’économies internes.
L’État place ses pions pour 2030.
Pour orchestrer ce changement délicat, l’exécutif a mandaté le député de l’Oise, Eric Woerth, chargé notamment d’élaborer un accord stratégique avec les sociétés mères sur la base des recommandations IGF et de définir le contenu précis du « Pacte PMU 2030 ». Sa feuille de route comprend également la répartition future entre les actionnaires principaux ainsi que le recrutement de la prochaine direction du groupe.
Dans ce contexte tendu, il faut rappeler que la filière avait récemment évité une hausse fiscale sur les paris hippiques grâce à une mobilisation collective. Parallèlement, la loi de finances pour 2025 autorise désormais les paris en direct sur les courses – ultime tentative sans doute pour redonner du souffle à ce secteur historique confronté aux turbulences du présent.
