Les droits des travailleurs reculent à un rythme alarmant à l’échelle mondiale

Image d'illustration. Fatigue passagère ?ADN
Les droits fondamentaux des travailleurs connaissent un recul marqué à l’échelle internationale, selon les dernières observations d’organisations spécialisées. De nombreux pays enregistrent une détérioration notable des conditions de travail et de la protection syndicale.
Tl;dr
- Dégradation globale des droits des travailleurs selon la CSI.
- L’Europe et les Amériques touchées, la France concernée.
- Droits syndicaux et négociation collective en net recul.
Un indice international qui tire la sonnette d’alarme
Il faut le dire, le constat dressé par la Confédération syndicale internationale (CSI) cette semaine n’incite guère à l’optimisme. L’organisation, qui fait figure de référence mondiale en matière de défense des salariés, publie sa douzième édition de l’indice des droits, basé sur 97 critères issus des conventions internationales et de la jurisprudence de l’Organisation internationale du travail (OIT). Son verdict est sans appel : les droits des travailleurs sont « en chute libre » partout sur le globe.
L’Europe et les Amériques en ligne de mire
L’étude annuelle menée par la CSI passe au crible la situation dans 151 pays. Résultat : l’Europe et les Amériques enregistrent leurs plus mauvais scores depuis le lancement de cet indice. À l’échelle mondiale, 87 % des États enfreignent désormais le droit de grève, tandis que 80 % limitent sérieusement la négociation collective. Dans ce contexte, il devient difficile pour les représentants syndicaux d’assurer leur mission auprès des salariés.
La France : un environnement syndical sous tension
Ce panorama préoccupant n’épargne pas la France, où la CSI évoque une « négociation collective en état de siège », particulièrement dans les petites et moyennes entreprises depuis les réformes intervenues en 2017. Près de quatre conventions collectives sur dix seraient désormais imposées unilatéralement par les employeurs, sans véritable présence syndicale. À cela s’ajoutent d’autres éléments alarmants :
- Poursuites pénales contre plus de 1 000 membres ou dirigeants syndicaux impliqués dans la contestation contre la réforme des retraites.
- Difficultés d’accès à la justice pour les salariés, marquées notamment par des délais excessifs devant les tribunaux.
- Restrictions concernant l’indemnisation en cas de licenciement abusif.
Pays notés à la baisse : une dynamique inquiétante
Chaque État se voit attribuer une note allant de 1 à 5 selon son respect des droits fondamentaux (grève, manifestation, négociations…). La France maintient un score honorable de 2, mais seuls sept pays obtiennent aujourd’hui la note maximale – ils étaient encore dix-huit il y a une décennie. Parmi eux figurent l’Allemagne, la Suède, ou encore la Norvège. A contrario, l’Italie et l’Argentine, ont vu leur classement chuter pour cette édition 2025. Pour Luc Triangle, secrétaire général de la confédération, il est temps d’agir face à une érosion qui ne semble pas vouloir s’enrayer : « si le déclin se poursuit à ce rythme, dans dix ans plus aucun pays n’obtiendra la meilleure note en matière de respect des droits des travailleurs ». Un avertissement qui mérite qu’on y prête attention.
