Les exportations de vins et spiritueux français en recul sous le poids des taxes douanières

Image d'illustration. Caisse de vin ouverte avec une sélection de vins rouges et blancsADN
Face à l’alourdissement des droits de douane à l’étranger, les exportations françaises de vins et spiritueux connaissent un net repli. Les producteurs subissent ainsi un environnement commercial de plus en plus contraignant pour écouler leurs bouteilles hors du pays.
Tl;dr
- Chute des exportations de vins et spiritueux français.
- États-Unis et Chine pénalisent fortement les ventes.
- Le secteur reste 3e excédent commercial du pays.
Un secteur sous pression internationale
Rien ne laissait présager une année aussi difficile pour les exportations françaises de vins et spiritueux. Pourtant, en 2023, la filière a dû faire face à une baisse marquée, tant en valeur qu’en volume. Selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), le chiffre d’affaires réalisé à l’international s’est établi à 14,3 milliards d’euros, soit une chute de 8 %. En volume, le repli atteint également 3 %. Un net coup d’arrêt pour ce qui constitue traditionnellement l’un des fleurons du commerce extérieur hexagonal.
Marchés américains et chinois : vents contraires
En scrutant plus précisément les chiffres, un constat s’impose : ce sont les marchés nord-américain et asiatique qui concentrent l’essentiel des difficultés. Aux États-Unis, première destination mondiale des exportations françaises du secteur, la situation a viré au casse-tête. L’application de nouveaux droits de douane – passés à 10 % au printemps, puis 15 % durant l’été – conjuguée à un taux de change défavorable euro/dollar a provoqué une chute spectaculaire : -21 %, ramenant le total à seulement 3 milliards d’euros. Les volumes expédiés outre-Atlantique tombent ainsi sous la barre des 30 millions de caisses (soit -9 %), un seuil rarement observé ces dernières années. Derrière ce recul, plusieurs causes se télescopent, comme l’accumulation de stocks par précaution en vue de la présidentielle américaine de fin 2024 ou encore les incertitudes sur la consommation intérieure.
La Chine, quant à elle, n’a pas épargné le secteur. Les exportations se limitent désormais à 767 millions d’euros (-20 %). Des mesures chinoises prises en rétorsion aux politiques européennes sur les véhicules électriques ont notamment pénalisé le cognac, l’armagnac et autres eaux-de-vie issus du vin.
Bilan global et perspectives
Loin d’être cantonnée aux seuls marchés étrangers, cette morosité affecte tous les segments du secteur. Le vin descend à 121 millions de caisses exportées (-3 %), malgré un regain inattendu pour les effervescents (+3 %). En valeur, le chiffre d’affaires régresse au niveau observé en 2021 – soit environ 10,5 milliards d’euros (-4 %). Quant aux spiritueux français, ils reculent nettement avec une valeur d’exportation divisée par cinq (-17 %, soit 3,7 milliards) et un volume tombé à 44 millions de caisses (-5 %).
Face à ce contexte tendu sur fond de « tensions géopolitiques », selon Gabriel Picard, président de la FEVS, le secteur conserve toutefois son rang enviable : il demeure la troisième source d’excédent commercial pour l’économie française.
L’appel du secteur à l’action européenne
Pour rebondir après cette année difficile, les acteurs misent désormais sur une relance via les accords internationaux portés par l’Union européenne. L’accord récemment conclu entre Bruxelles et le Mercosur figure notamment parmi ceux capables d’apporter un souffle nouveau aux filières françaises du vin et des spiritueux. Un espoir raisonnable dans un contexte où l’incertitude reste la seule certitude.
