Les usines françaises de batteries pour voitures électriques en pleine expansion

Image d'illustration. Une voiture électrique en charge. ADN
Plongez au cœur de l'industrie française : comment les usines de batteries pour voitures électriques continuent de rouler malgré les défis.
Tl;dr
- La production de batteries pour véhicules électriques s’accroît en France.
- Le secteur fait face à des défis financiers et de main-d’œuvre qualifiée.
- Les acteurs demandent davantage d’investissements pour rivaliser avec la Chine.
Une poussée électrique dans l’hexagone
Les constructeurs établissent leur présence en France, marquant ainsi une définitive montée en puissance des véhicules électriques. Dans le nord du pays, les usines de batteries se multiplient, malgré le doute qui plane après la faillite de Northvolt, géant suédois du secteur. ACC, l’entreprise pionnière, accélère sa production à Douvrin (Pas-de-Calais), ayant récemment livré ses premières batteries pour la Peugeot 3008. Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC, a fièrement déclaré : « Nous avons fabriqué autant de cellules et de modules au premier trimestre 2025 que pendant toute l’année 2024 ».
L’essor de la « vallée de la batterie »
Non loin de là, AESC-Envision est en phase de tests finaux avant de lancer sa production en série. Cette filiale du géant sino-japonais de la batterie s’est installée à Douai, où elle équipera les R5 électriques de Renault. Par ailleurs, la start-up Verkor a construit son usine près du port de Dunkerque, avec pour objectif de produire 16 gigawattheures de batteries par an à partir de 2028. Cette « vallée de la batterie » est stratégique pour l’Europe, dans la mesure où la Chine produit encore 83% des batteries mondiales, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Les défis du secteur
Cependant, malgré ces avancées, le secteur est en proie à de nombreux défis. Les coûts de production en Europe sont environ 50% plus élevés qu’en Chine, la chaîne d’approvisionnement liée aux batteries reste faible et le secteur manque de main-d’œuvre qualifiée. De plus, les entreprises ont du mal à monter en cadence et à trouver des financements. Le secteur s’inquiète notamment des retards de production et du ralentissement du marché des voitures électriques en Europe.
Un appel à l’investissement
Face à ces défis, le secteur exhorte à davantage d’investissements. Pour Benoît Lemaignan de chez Verkor : « Les petits milliards qui ont été mis sur la table pour construire une industrie de la batterie en Europe ne sont pas à la hauteur », comparés à l’argent que l’Europe dépense pour importer du pétrole. Il est donc essentiel de renforcer le soutien financier pour assurer la compétitivité de l’Europe dans ce secteur stratégique.
