Lidl sommé de payer 43 millions d’euros à Intermarché après une décision de justice

Image d'illustration. Supermarché IntermarchéADN
La justice a tranché en faveur d’Intermarché dans un litige commercial l’opposant à Lidl. L’enseigne allemande de distribution devra ainsi s’acquitter d’une indemnisation de 43 millions d’euros au profit de son concurrent français.
Tl;dr
- Lidl condamné à 43 millions d’euros pour publicité trompeuse.
- Produits promus non disponibles partout ni assez longtemps.
- La mention d’indisponibilité jugée insuffisamment visible.
Une lourde sanction pour Lidl
Le couperet est tombé pour Lidl. Le géant allemand de la grande distribution devra verser pas moins de 43 millions d’euros à son concurrent Intermarché, ainsi que l’a décidé la cour d’appel de Paris. À l’origine de cette condamnation, des pratiques commerciales trompeuses, matérialisées par une vaste campagne publicitaire télévisée vantant des promotions dont la disponibilité réelle en magasin laissait largement à désirer.
Des promotions trop fugaces… et peu transparentes
Entre 2017 et 2023, ce ne sont pas moins de 374 spots publicitaires qui ont été diffusés à la télévision par Lidl. Ceux-ci mettaient en avant des produits à des prix attractifs, présentés de manière alléchante. Pourtant, selon les juges, l’enseigne n’a pas respecté sa promesse : ces articles n’étaient ni disponibles dans tous les points de vente ni durant les 15 semaines consécutives annoncées. Une situation que la cour a qualifiée « d’agissements de concurrence déloyale » envers Intermarché, qui s’estimait lésé.
Pourtant, une mention sur la disponibilité existait bel et bien. Mais celle-ci était reléguée en bas d’écran, écrite en petits caractères durant quelques secondes seulement, puis ajoutée en voix off en 2021. Selon le jugement, cette information demeurait toutefois trop discrète pour vraiment éclairer le consommateur.
L’origine du litige et l’argumentaire judiciaire
C’est en 2019 que le bras armé commercial du Groupement des Mousquetaires, la société ITM, a décidé d’assigner son rival devant les tribunaux. Après un revers en première instance – le dossier avait été rejeté fin mai 2022 –, l’affaire a rebondi devant la cour d’appel. Celle-ci a finalement estimé que la stratégie publicitaire de Lidl, associée à une connaissance avérée du manque de disponibilité des produits concernés, caractérisait bien l’intention délibérée derrière les infractions reprochées.
Détails clés sur le jugement
À travers cette décision, les magistrats insistent :
- Lidl savait pertinemment que tous ses magasins ne pouvaient répondre aux attentes suscitées par ses campagnes nationales.
- La discrétion des mentions légales a facilité la confusion auprès des clients.
Sollicitée par l’AFP, la direction d’Intermarché n’a souhaité faire aucun commentaire sur cette victoire judiciaire. Quant à savoir si ce verdict influencera durablement les stratégies marketing du secteur, rien n’est encore certain – mais il crée indéniablement un précédent marquant dans l’univers très concurrentiel de la grande distribution française.
