L’indemnité des nouveaux maires en hausse : quelles sont les raisons de cette revalorisation ?

Image d'illustration. MairieADN
Plusieurs maires récemment entrés en fonction bénéficient d’une hausse de leurs indemnités. Cette évolution suscite des interrogations sur ses raisons, alors que les collectivités locales justifient ces augmentations par l’évolution des responsabilités et du cadre réglementaire.
Tl;dr
- Indemnités de maires récemment augmentées à Bordeaux et Nîmes.
- Hausse liée à la revalorisation de l’indice de la fonction publique.
- Majoration possible selon le statut ou les caractéristiques de la commune.
Augmentation des indemnités : contexte et réactions
Au lendemain de leur élection, plusieurs maires ont vu leur indemnité rehaussée, déclenchant une vague de critiques sur les réseaux sociaux. À Bordeaux, où Thomas Cazenave (Renaissance) vient d’être élu, la nouvelle indemnité mensuelle atteint 4 081,75 euros bruts, soit une hausse de 14 % par rapport à son prédécesseur, Pierre Hurmic. Sur X (anciennement Twitter), un membre de l’opposition bordelaise ne cache pas son indignation : « Premier conseil municipal sous l’ère macroniste à Bordeaux. Thomas Cazenave augmente son indemnité et baisse les moyens alloués à l’opposition ». Même scénario à Nîmes, où Vincent Bouget (PCF) a également été visé pour une décision similaire.
Les règles encadrant les indemnités des élus municipaux
Pourtant, cette augmentation n’est pas le fruit d’un simple choix personnel. En réalité, dès qu’un nouveau mandat débute, la fixation des indemnités figure parmi les premières décisions à prendre en conseil municipal. Selon le Code général des collectivités territoriales (CGCT), ce point doit être délibéré dans les trois mois suivant l’installation du conseil. La rémunération varie ensuite en fonction du nombre d’habitants : plus la commune est grande, plus le plafond maximal augmente. Depuis décembre dernier, il convient de souligner que les montants maximaux pour les maires des communes de moins de 20 000 habitants ont été relevés.
L’impact déterminant de l’indice de la fonction publique
Ce qui explique principalement ces hausses réside dans la revalorisation du point d’indice servant au calcul des indemnités. Concrètement, l’indemnité est définie en pourcentage sur l’indice brut 1027. Or cet indice n’a cessé d’être revalorisé ces dernières années – notamment en juillet 2022 et janvier 2024 –, atteignant aujourd’hui 4 110 euros bruts contre 3 889,40 euros lors du précédent mandat à Bordeaux.
À titre d’illustration, voici ce qui peut influencer le montant final :
- Majorations liées au statut communal : chef-lieu de département (+25%), station touristique (+25%).
- Dynamique propre au maire élu : possibilité de renoncer au plafond ou non.
Derrière les chiffres : nuances et explications locales
Les deux derniers maires bordelais se sont vus appliquer exactement les mêmes majorations, dues au double statut particulier de la ville – chef-lieu départemental et station touristique. À Nîmes également, on observe une stricte reconduction des critères appliqués en 2020 ; seule différence notable : l’évolution mécanique du point d’indice. Face aux accusations d’opportunisme politique, certains nouveaux élus insistent donc sur le caractère automatique et réglementaire de ces délibérations. Comme le rappelle un maire en conseil municipal : « C’est une délibération qui a été préparée avant notre élection ».
Si le sujet suscite toujours débat localement, il s’inscrit avant tout dans un cadre légal strict lié à la gestion des finances publiques locales.
