Pékin exhorte Washington à supprimer les taxes douanières imposées à ses produits

Image d'illustration. Globe avec États unis et chine en surbrillanceADN
Pékin exhorte Washington à mettre fin aux taxes imposées sur ses produits, dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les deux puissances. Cette demande intervient alors que les relations économiques sino-américaines restent sous haute surveillance.
Tl;dr
- La Cour suprême annule partiellement les droits de douane Trump.
- La Chine presse Washington d’abandonner ces mesures commerciales.
- Trump annonce une nouvelle taxe mondiale de 15 %.
Un bras de fer commercial relancé
Le dossier des droits de douane entre les États-Unis et la Chine connaît un nouveau rebondissement. Vendredi dernier, la Cour suprême américaine a invalidé une large partie des taxes imposées par le gouvernement de Trump, estimant que l’« urgence économique » invoquée pour contourner le Congrès ne tenait pas. Pourtant, ce revers judiciaire n’a pas refroidi les ambitions protectionnistes du président américain. Dans la foulée, Donald Trump a annoncé l’instauration d’une nouvelle taxe douanière mondiale à hauteur de 15 %, effective dès le 24 février et prévue pour durer 150 jours, quelques secteurs bénéficiant d’exemptions.
Pékin hausse le ton face à Washington
Cette décision unilatérale n’a pas tardé à faire réagir Pékin. Le ministère du Commerce chinois a qualifié ces mesures de « violation des règles économiques et commerciales internationales ainsi que du droit national américain, sans bénéfice pour aucune partie ». Au-delà du communiqué officiel, la Chine appelle désormais les États-Unis à renoncer à ce qu’elle considère comme des « sanctions commerciales injustifiées », insistant sur l’importance d’un dialogue respectueux et mutuellement avantageux.
Rappelons-le : depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, la seconde puissance économique mondiale subit une offensive tarifaire sans précédent. La succession de hausses des droits de douane avait conduit à une escalade des tensions, ponctuée par une trêve fragile conclue entre Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, en octobre dernier.
Derrière les taxes, la question du fentanyl et une visite attendue
Parmi les arguments avancés par Washington pour justifier certaines restrictions figure la lutte contre le trafic de fentanyl. Ce puissant opioïde, largement détourné comme drogue aux États-Unis avec des conséquences dramatiques, serait en partie acheminé depuis la Chine – accusation que Pékin réfute vigoureusement.
Alors que la Maison-Blanche évoque une visite officielle de Donald Trump à Pékin entre le 31 mars et le 2 avril – non confirmée côté chinois –, son représentant au Commerce, Jamieson Greer, tempère déjà : cette rencontre viserait principalement à « superviser l’accord passé avec Pékin », tout en maintenant les accords commerciaux actuels avec d’autres partenaires comme l’Union européenne.
Pour nombre d’experts, si la coopération sino-américaine profite aux deux camps, toute confrontation prolongée risquerait surtout d’accroître l’incertitude sur les marchés mondiaux.
