Construction d'un paquebot au chantier naval de Saint-Nazaire . © Capture d'écran Youtube / Stx France

Saint-Nazaire : la justice coréenne ouvre les négociations avec l’italien Ficantieri

Le groupe italien Ficantieri serait retenu par la justice coréenne pour le rachat du chantier naval STX de Saint-Nazaire.

La justice sud-coréenne en charge du redressement judiciaire du groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, actuellement propriétaire du chantier naval STX France de Saint-Nazaire, a ouvert les négociations avec un unique repreneur. Il s’agit de l’italien Ficantieri, dernier candidat à la reprise du constructeur de navires français. La vente n’est pas encore actée et les différentes parties doivent toujours se mettre d’accord sur le montant de cette acquisition.

L’italien Ficantieri retenu pour le rachat

Mardi 3 janvier 2017, le tribunal de commerce du district central de Séoul a annoncé l’ouverture des négociations uniques avec le groupe italien pour l’acquisition de ce chantier naval qui emploie 2600 personnes. Le chantier doit construire 14 bateaux d’ici 2026 pour ses deux principaux clients MSC Croisières et Royal Caribbean. Il affichait en 2015 un chiffre d’affaires de 983 millions d’euros et un résultat net à 4,2 millions d’euros, des profits qui devraient continuer à grimper.

Ficantieri était le dernier candidat en lice parmi 4 autres et la justice coréenne n’avait pas vraiment d’autre choix, si ce n’était de refaire un appel possiblement infructueux. Selon des propos relayés par Le Monde, le groupe italien entend faire de Saint-Nazaire une force européenne, à l’image d’un “Airbus des paquebots”. Il compte utiliser ce poids supplémentaire à son avantage lors de négociations futures pour améliorer les prix et marges du chantier.

Une nouvelle qui ne fait pas que des heureux

Cependant l’acquisition par le groupe italien soulève quelques réticences. Au niveau de la concurrence, ce rachat pourrait entraîner un duopole gênant pour les autres constructeurs européens. Au niveau français, l’Etat actionnaire à 33% souhaiterait amener le constructeur DNCS au sein du capital pour plus de contrôle. De même la coentreprise démarrée en juillet 2016 entre Ficantieri et le conglomérat chinois China State Shipbuilding Corp suscite des inquiétudes de transfert de technologie.

Seule filiale rentable du groupe sud-coréen, le chantier se porte bien avec un carnet de commandes rempli et est fournisseur pour MSC Croisières et Royal Caribbean. Mais il est aussi le plus grand et le seul à posséder le matériel et les techniques pour construire une coque de porte-avions.