Stellantis décroche en bourse après avoir accumulé du retard sur le virage électrique

Image d'illustration. StellantisStellantis
Le groupe automobile Stellantis subit une forte baisse en Bourse, conséquence directe de ses difficultés à suivre le rythme de ses concurrents sur le marché des véhicules électriques, où son retard devient de plus en plus préoccupant pour les investisseurs.
Tl;dr
- Stellantis annonce 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles.
- L’action chute lourdement en Bourse, entraînant tout le secteur.
- Le marché américain et l’électrique pèsent sur les résultats.
Une chute historique pour Stellantis en Bourse
Ce vendredi matin, la cotation de Stellantis à la Bourse de Paris a viré au rouge vif : une baisse impressionnante de 23 %, ramenant l’action à seulement 6,28 euros. Depuis son sommet atteint en mars 2024, le titre a ainsi perdu près de 80 % de sa valeur. Ce revers spectaculaire fait suite à l’annonce par le constructeur automobile franco-italo-américain d’une charge exceptionnelle de 22 milliards d’euros sur ses comptes pour l’exercice 2025. Le groupe justifie cette décision par une réévaluation drastique du rythme de croissance des ventes de véhicules électriques.
Un « reset » plus coûteux qu’attendu
Au sein du secteur, cette annonce fait l’effet d’une onde de choc. Si un « reset » stratégique était déjà largement pressenti, son ampleur a surpris même les observateurs les plus prudents. Pour les analystes d’Oddo BhF, la réaction est sans équivoque : « alors qu’un « reset » était largement attendu, […] l’ampleur des annonces du jour dépasse largement les hypothèses les plus prudentes ». Leur estimation initiale portait plutôt sur un montant avoisinant les 7 milliards d’euros. Résultat, ces charges vont faire basculer Stellantis dans le rouge comptable, effaçant pratiquement ses bénéfices nets cumulés des années 2023 (18,6 milliards) et 2024 (5,5 milliards).
L’effet domino sur le secteur automobile européen
La tempête traversée par Stellantis ne reste pas isolée. Plusieurs poids lourds européens subissent également des pertes notables en Bourse ce vendredi :
- Volvo : -3,92 % à Stockholm
- Renault : -3,85 % à Paris
- Volkswagen : -2,23 % à Francfort
Ce climat anxiogène s’explique notamment par le contexte américain où, à l’image de leurs homologues locaux (General Motors, Ford), les constructeurs ajustent leurs ambitions dans l’électrique face à un marché moins dynamique que prévu.
L’impact des décisions américaines sur l’électrique
Pour comprendre cette révision massive des prévisions, il faut regarder outre-Atlantique. Sur les 22 milliards annoncés, pas moins de 14 milliards concernent la réorganisation de la gamme aux États-Unis. Une stratégie dictée par la conjoncture locale : les récentes mesures prises par le gouvernement de Trump, qui ont affaibli le soutien fédéral à l’achat et relâché les normes anti-pollution, freinent clairement le développement du marché électrique. À titre de comparaison, Ford a déjà inscrit sur trois ans des charges exceptionnelles atteignant 19 milliards tandis que celles prévues par General Motors s’élèvent à 7 milliards d’ici fin 2025.
Ainsi s’explique ce séisme boursier : entre nécessité stratégique et adaptation forcée aux réalités du marché nord-américain, Stellantis traverse une zone de turbulence dont la sortie reste encore incertaine.
