Stellantis plonge dans le rouge avec une perte colossale de 22,3 milliards en 2025

Image d'illustration. StellantisStellantis
Le constructeur automobile Stellantis enregistre un déficit colossal de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025, révélant une situation financière particulièrement préoccupante pour le groupe issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler.
Tl;dr
- Stellantis enregistre une perte record de 22,3 milliards €.
- Revirement : retour au thermique, projets électriques suspendus.
- Rebond du chiffre d’affaires grâce aux ventes américaines.
Une perte historique secoue Stellantis
L’annonce a surpris, voire sidéré le secteur : le groupe automobile Stellantis a dévoilé une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025. Jamais un constructeur français, à l’exception de Vivendi en 2002 (23,3 milliards d’euros), n’avait enregistré une telle chute. À titre de comparaison, France Télécom et EDF, figures majeures du paysage industriel hexagonal, avaient respectivement perdu 20,7 milliards et 17,9 milliards lors de précédents exercices difficiles.
L’électrique marque le pas : retour au thermique et restructuration
Comment expliquer ce gouffre financier ? L’essentiel provient de lourdes charges – près de 25,4 milliards d’euros – liées à un recentrage stratégique. Les ambitions initiales sur la voiture électrique se sont heurtées à des ventes décevantes, notamment aux États-Unis où la demande fléchit depuis le retrait du soutien fédéral sous le gouvernement de Trump. Conséquence directe : le groupe s’est vu contraint d’annoncer l’arrêt de certains modèles électriques et la suspension de projets phares comme sa participation dans la « gigafactory » canadienne NextStar Energy, ou encore son partenariat avec Samsung, censé ouvrir deux méga-usines américaines.
Nouveaux modèles thermiques et perspectives pour 2026
Malgré ces difficultés, les signaux ne sont pas tous au rouge. Le second semestre 2025 affiche un rebond inattendu : +10 % de chiffre d’affaires et une hausse notable des volumes (2,8 millions de véhicules écoulés), dopés par une embellie aux États-Unis (+39 % en volume). Pour capitaliser sur cet élan, Stellantis prévoit :
- Lancement de nouveaux pick-up thermiques, notamment outre-Atlantique ;
- Poursuite des modèles essence et diesel, en dépit des réticences environnementales ;
- Ajustement des prix : hausse prévue aux États-Unis, baisse attendue en Europe.
Le groupe table désormais sur une amélioration progressive dès 2026 et vise un retour à une marge bénéficiaire.
L’électrique : ambitions contrariées à l’international
Globalement, le marché du tout électrique évolue à plusieurs vitesses. Si la Chine affiche déjà près de la moitié de ses ventes en électriques purs, les États-Unis stagnent autour de 8 %, tandis que l’Europe atteint timidement les 20 %, encore loin des objectifs fixés par l’Union européenne (90 % d’ici à 2035). Un contraste saisissant alors qu’en 2022 encore, Stellantis affichait sa volonté de vendre uniquement des véhicules électriques en Europe dès 2030.
Ce virage souligne un réalisme nouveau dans la stratégie industrielle du géant franco-italo-américain. Comme glissé avec prudence : « Il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation ; il faut fournir ce que les clients demandent ».
